Le Temps: Genève est un aéroport certes international mais nettement moins intercontinental. Pourquoi?

Robert Deillon: L'Aéroport de Genève est, par vocation, tourné en premier lieu vers l'Europe et ne sera jamais un hub intercontinental. Le bassin de population romand et de la France voisine, quelque 2,5 millions de personnes, ne permet pas de développer un réseau très dense de dessertes intercontinentales. Rappelons toutefois que nous offrons déjà New York, et ce trois fois par jour, ou encore Abu Dhabi, Koweït, Doha, Djedda, Riyad, Téhéran ainsi que des destinations africaines. A terme, deux ou trois destinations nord-américaines possèdent un réel potentiel. Tout comme Bangkok. Sans parler de la Chine ou de l'Asie en général. Mais un vol intercontinental doit répondre à un certain nombre de critères: fréquence élevée, qualité de la compagnie et offre conséquente de sièges affaires. Nous ne voulons surtout pas qu'une compagnie ouvre un vol pour le fermer trois ans plus tard.

- A quand les 15 millions de passagers?

- Difficile de le prévoir surtout dans un secteur aussi sensible aux cycles conjoncturels que le transport aérien. Mais si la croissance des passagers se poursuit au rythme actuel, cette barrière pourrait être franchie à l'horizon 2020. Nous partons du principe que l'Aéroport international de Genève va connaître une hausse annuelle de ses passagers d'environ 3%. Un chiffre raisonnable en fonction de la conjoncture économique et de l'évolution du trafic aérien.

- Une deuxième piste est-elle envisageable?

- Pas du tout. Même pas en rêve. Les règlements internationaux obligent à avoir une distance d'au moins 500 mètres entre deux pistes. C'est tout simplement impossible au vu de la configuration de notre plate-forme.

- Qu'en est-il du projet T2, maintenant qu'Air France a épuisé tous les recours possibles?

- Nous gardons cette idée d'un terminal entièrement dévolu aux transporteurs «low-cost» à l'esprit. Mais il ne constitue absolument plus une priorité.