Planète finance

Queues de poisson dans la course vers la bourse

CHRONIQUE. Les plateformes de location de véhicule avec chauffeur Uber et Lyft sont en concurrence pour être cotées l’an prochain. Elles découvriront peut-être ce que Tesla a cherché à éviter sur les marchés

Il faut bien qu’il y ait des exceptions. Ces dernières années, les entreprises technologiques les plus prometteuses sont soigneusement restées à l’écart des marchés financiers. Pour financer leur développement, les licornes californiennes AirBnB, Uber ou autres SpaceX ont aisément trouvé des capitaux auprès des plus grands investisseurs de la planète, ravis d’avoir un accès exclusif aux géants de demain. Rester en mains privées permet aussi de s’éviter le travail administratif, le reporting, la transparence qu’implique une cotation publique. Néanmoins, Uber et Lyft se font la course pour entrer en bourse l’an prochain.

Etancher en premier la soif des investisseurs 

Concurrents dans leur activité de location de véhicules avec chauffeur, Uber et Lyft le sont aussi dans l’accès à la bourse. Et chacun essaie de doubler l’autre ou de l’empêcher de passer. Car le premier qui accédera aux marchés aura sans doute l’opportunité d’étancher la soif des investisseurs pour des valeurs de croissance. Le premier aura aussi davantage de latitude pour fixer son prix d’émission s’il est le seul acteur coté dans son secteur d’activité. Et le second sera immanquablement comparé au précurseur.

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Moins international et plus petit – 30% de parts de marché aux Etats-Unis, contre 70% pour Uber, selon le consultant Second Measure –, Lyft serait tenté d’y aller en premier, en mars ou avril, selon le Financial Times. Mais pour éviter de lui laisser un boulevard avant sa propre IPO, Uber publie des résultats semestriels assez détaillés. De quoi encourager les investisseurs à attendre la deuxième moitié de l’année prochaine, période à laquelle le nouveau patron, Dara Khosrowshahi, prévoit d’entrer en bourse.

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Faux départ

Pendant que ces deux-là sont lancés dans une course effrénée, une autre start-up s’est illustrée par son faux départ des marchés boursiers. D’autant plus fâcheux que l’entreprise en question produit des voitures, et rapides en plus. Tout est parti d’un tweet d’Elon Musk, annonçant que Tesla serait retiré de la cote new-yorkaise. Et que le financement de ce départ était «sécurisé». L’Arabie saoudite a rapidement été évoquée comme source des quelques dizaines de milliards de dollars nécessaires à une telle opération.

Selon une autre théorie, un véhicule d’investissement spécial aurait été créé, une sorte de fonds non coté dans lequel les actuels porteurs de parts de Tesla auraient pu déposer leurs actions. Les actionnaires existants seraient restés investisseurs, l’opération ne changeant finalement que peu de chose pour eux. En revanche, un retrait de la cote de Tesla aurait coupé l’herbe sous le pied des vendeurs à découvert de l’action. Ces investisseurs qui parient sur la baisse du cours et qui sont dans la ligne de mire d’Elon Musk. Des empêcheurs de tourner en rond qu’Uber et Lyft pourraient rencontrer à l’issue de leur course vers les marchés financiers.

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