A la quête d’un chronographe entièrement transparent. Cette idée fixe a tourbillonné dans les têtes de cinq ingénieurs suisses passionnés de montres dès 1993, qui seront à l’origine de la manufacture genevoise Quinting. «Créer une montre 100% invisible, totalement mystérieuse, c’était le rêve de tout horloger», glisse Pascal Berclaz, président et actionnaire majoritaire de la société.

Sept années de recherche et développement et plus de 10 millions de francs d’investissements ont été nécessaires pour que la première montre puisse être mise sur le marché en 2000. La prouesse réside dans l’utilisation du saphir, la pierre la plus robuste après le diamant. Le mouvement Quinting est constitué d’une superposition de disques de saphirs crantés stationnaires et mobiles. Le système est très complexe. «Nous sommes les seuls au monde à pouvoir le faire», rappelle fièrement Pascal Berclaz.

Une excellence qui se répercute sur le prix des montres. En effet, l’entrée de gamme se situe à 10 000 francs, mais les prix peuvent grimper bien plus haut. Sur le nombre écoulé chaque année, la manufacture reste discrète: «Quelques milliers de pièces…» Actuellement, Quinting distribue ses créations dans une vingtaine de pays au travers de 60 points de vente. «En 2009, nous avons travaillé trois fois plus pour faire à peine davantage de chiffre d’affaires que l’année d’avant, précise le patron, pour atteindre un résultat équilibré. Nous avons perdu des affaires en Ukraine par exemple, que nous avons dû compenser par l’ouverture de nouveaux marchés.»

Employant une vingtaine de personnes au cœur de Genève, la manufacture, entièrement autofinancée, a une particularité: elle veut garder toute la connaissance en son sein. Du coup, elle est fière d’être à «100% indépendante de Monsieur Hayek» du point de vue des mouvements. Mieux, l’an dernier, elle s’est ouvert un deuxième marché en livrant des mouvements à Dior.

«Nous avons aujourd’hui une belle palette de produits bien finalisée, ce qui nous permettra de renforcer notre position sur les marchés existants», estime le dirigeant de 49 ans, qui table sur un exercice 2010 «excellent».