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Quinze actions suffisent pour être diversifié

La sélection doit cibler des titres de croissance de qualité, autrement dit des entreprises qui présentent une augmentation de bénéfices prévisible à long terme et se distinguent par un modèle économique solide

Quels types d’investissements feront la course en tête en 2019? Si de nombreux investisseurs se posent la question en cette fin d’année, elle n’en relève pas moins du fameux regard dans la boule de cristal. Les prévisions sont en effet rendues encore plus difficiles par un marché haussier soutenu depuis plusieurs années et de nombreuses incertitudes sur le plan politique. Face à ces impondérables, les investisseurs réagissent dans la plupart des cas en se constituant un portefeuille largement diversifié, s’en remettant au principe du «plus c’est liquide, mieux ça vaut».

La bonne sélection

S’il ne fait aucun doute que la diversification est une nécessité, il vaut néanmoins la peine de se poser la question de savoir combien de titres différents un portefeuille d’actions doit-il effectivement contenir. Comme le montrent diverses études, un portefeuille concentré de 15 actions peut offrir une diversification du risque suffisante pour garantir un profil rendement-risque optimal. Les portefeuilles très largement diversifiés ne font en revanche que diluer les bonnes idées de stock picking sans améliorer pour autant le profil de risque du portefeuille.

La sélection doit cibler des titres de croissance de qualité, autrement dit des entreprises qui présentent une augmentation de bénéfices prévisible à long terme et se distinguent par un modèle économique solide. Des entreprises comme Dassault Systèmes, leader mondial des logiciels de conception 3D, bénéficient entre autres de barrières élevées d’entrée sur le marché dans la mesure où leurs clients n’aiment guère changer de prestataires.

D’autres détiennent un fort pouvoir de fixation des prix ou conquièrent sans cesse de nouvelles parts de marché. D’autre encore sont les grands bénéficiaires de méga-tendances. Les aspects environnementaux, sociaux et de gouvernance d’entreprise exercent également une influence positive sur leur réussite à long terme.

S’écarter de l’indice

En pratique, un portefeuille concentré constitué de titres de croissance de qualité présente par construction un écart important par rapport à l’indice de référence. Les portefeuilles gérés par Comgest, qui comprennent entre 25 et 45 actions, diffèrent typiquement d’environ 90% de leur valeur de référence. Cette différence, appelée active share, définit le caractère dynamique de la gestion d’un portefeuille. Assimiler écart élevé par rapport à l’indice et risque intrinsèque amène ici à une conclusion erronée: la conformité à l’indice n’est pas un facteur de qualité.

Les investisseurs détenteurs de portefeuilles très largement diversifiés, voire liés au prix d’achat de l’indice, s’exposent au contraire de manière indifférenciée à divers risques d’entreprise.

Parmi ces risques figurent un affaiblissement du potentiel de croissance, une dilution de la rentabilité du capital, de mauvais choix d’investissements ou encore une concurrence accrue, auxquels viennent s’ajouter des facteurs macroéconomiques, conjoncturels et politiques. Toutefois, les risques peuvent être également inhérents au modèle économique lui-même. C’est ainsi qu’une cyclicité liée à un levier opérationnel plus élevé limite généralement les possibilités de prévision de la rentabilité. Pour des secteurs comme les banques, les matières premières, l’énergie ou les télécommunications, dans lesquels la hausse de rentabilité dépend souvent de variables macroéconomiques exogènes, il apparaît là encore plus difficile d’identifier des facteurs de croissance fiables.

Pour les investisseurs à la recherche d’entreprises présentant une authentique qualité de croissance, de tels facteurs d’influence sont cependant peu déterminants, car dans cette approche, la véritable qualité d’une action se révèle dans son potentiel à maximiser à terme ses bénéfices. Daikin Industries, le leader mondial japonais des climatiseurs, met par exemple à profit son image de marque dominante pour conquérir un marché chinois en forte croissance. Une stratégie concentrée est quasiment contrainte par nature d’écarter la plus grande partie du marché dans la mesure où la majorité des entreprises ne satisfont pas aux critères requis.

Nous investissons depuis plus de trente ans dans les entreprises à travers le monde selon notre approche «qualité et croissance», qu’elle applique à l’ensemble des portefeuilles gérés. Notre approche vise à créer de la valeur en privilégiant les rares entreprises qui nous semblent capables de générer dans la durée une croissance des bénéfices par action supérieure à la moyenne.

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