Où étais-je le 9 janvier 2007? Je m’en souviens très précisément: dans une chambre d’hôtel à Las Vegas. Je me préparais pour visiter le Consumer Electronics Show (CES), le plus grand salon tech de la planète. Mais en réalité, l’événement le plus important se déroulait à 600 kilomètres de là, à San Francisco. «Nous allons écrire l’histoire ensemble aujourd’hui», lançait Steve Jobs. Cette fois, le cofondateur et directeur d’Apple visait juste avec ses propos dithyrambiques. Sur la scène de la Macworld Expo, l’entrepreneur présentait le premier iPhone.

Apple n’inventait pas le premier smartphone, Nokia (avec son modèle E62), Palm (avec son Treo) ou encore Blackberry ayant auparavant posé les bases du téléphone multifonctions. Mais avec son écran tactile et son utilisation ultra-simple, l’iPhone allait forcer tous les concurrents d’Apple à le suivre, le téléphone correspondant parfaitement aux besoins des consommateurs voulant avoir internet dans la poche.

Nombreux manques

Aussi novateur qu’il était, le premier iPhone affichait pourtant des manques qui semblent, vus de 2022, rédhibitoires: pas de GPS, pas de possibilité d’enregistrer des vidéos, pas d’envoi de photos par SMS, pas de caméra frontale, pas de fonction copier-coller, pas de magasin d’applications, aucun système biométrique pour le déverrouiller… La liste est longue et montre combien l’iPhone, mais aussi tous les smartphones concurrents, ont ensuite rapidement évolué. Mais depuis quelques années, l’innovation semble à l’arrêt et le marché du téléphone paraît coupé en deux mondes, ceux d’Apple et de Google, d’où ne sortent que des appareils qui se ressemblent tous.

Mais cette inertie n’est qu’apparente. Par toutes petites touches, les smartphones ne cessent de progresser, mais de manière moins spectaculaire que par le passé.

Parlons déjà de la forme. Petit à petit, les téléphones pliables apparaissent. Le numéro un mondial Samsung, mais aussi ses concurrents chinois Huawei et OPPO, pour ne citer qu’eux, lancent plusieurs appareils se pliant tous de manière différente. Et les prix baissent: de 2000 francs à leurs débuts, ils se rapprochent désormais des 1000 francs. Mais ces téléphones ne représentent pour l’heure presque rien: environ 10 millions de modèles pliables ont été vendus en 2021, par rapport au milliard de téléphones écoulés. Et surtout, à part leur compacité, les téléphones pliables n’apportent pour l’heure pas de plus-value claire.

Progrès côté batteries

Côté chargement, les progrès deviennent de plus en plus nets. Il y a peu, quasiment aucun smartphone n’offrait une autonomie d’une journée. Désormais, c’est presque devenu la norme, notamment grâce à des batteries plus grandes. En parallèle, de plus en plus de modèles peuvent être chargés à 50% en une demi-heure. Et Samsung permet par exemple de charger un téléphone depuis en autre en juxtaposant simplement les deux appareils.

Les puces, elles aussi, évoluent. Et elles permettent entre autres l’expansion d’une nouvelle norme de transmission radio, l’Ultra Wide Band (UWB). Celle-ci rend possible plusieurs choses: la localisation précise, au centimètre près, d’appareils aux alentours, mais aussi la transmission de données et le contrôle d’accès. On a ainsi vu Apple utiliser l’UWB pour localiser ses petites balises AirTag. Et ses concurrents devraient multiplier les applications ces prochains mois, par exemple pour déverrouiller sa voiture.

Le logiciel, capital

Enfin, les innovations vont surtout se poursuivre au niveau du logiciel. On le voit déjà lorsqu’on prend une photo: des algorithmes perfectionnés assurent un traitement immédiat des clichés, de manière pertinente. Aidés par la 5G et par des processeurs plus puissants, des services de réalité augmentée, mais aussi virtuelle, vont progressivement se développer. On parle de tels services depuis un moment déjà, notamment pour des jeux. Ils devraient se multiplier et nul doute que Facebook voudra bientôt utiliser la puissance de calcul des smartphones, reliés à des casques de réalité virtuelle, pour nous faire plonger dans son «métavers».

L’innovation ne s’arrête pas et se poursuivra donc surtout dans le domaine des services, en lien avec le cloud. Apple, qui aime suivre prudemment ses concurrents souvent plus hardis, continuera à jouer un rôle majeur avec ses prochains iPhone, c’est une évidence.


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