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La génération du millénaire a une réelle volonté d’améliorer l’état de la planète.
© Brennan Linsley/AP

Entre-Temps…

A quoi pensent-ils?

La génération du millénaire, ces jeunes de 15 à 29 ans, renverse les lignes. Décryptage

«Ils», c’est la génération du millénaire, ces jeunes de 15 à 29 ans qui demeurent un mystère pour leurs parents, une énigme pour les sociologues et une cible sans pareille pour les entreprises. Ces jeunes ont de l’argent (certes, celui de leurs parents), des idées, et lancent souvent les nouvelles tendances. Sur Facebook, un tiers des utilisateurs ont plus de 45 ans. Pourquoi? Parce que c’est le seul moyen pour les parents de garder le contact avec des enfants qui ne lisent plus d’e-mails. Mais à quoi pensent ces nouveaux jeunes?

C’est une génération qui, apparemment, a poussé l’individualisme à l’extrême. Les Anglo-Saxons nomment cette tendance le meism. La réalisation de soi-même est le centre de toutes les préoccupations de ces jeunes, le monde tourne autour d’eux. Il en résulte un certain narcissisme parfois déroutant. C’est la génération des selfies. En voyage, ils prennent des photos d’eux-mêmes, plus rarement des monuments visités. Ils pourraient économiser sur les frais d’avion.

Génération concernée par l’état du monde

«Apparemment»… car c’est plus complexe. Effectivement, cette génération n’a pas d’appartenance politique ou religieuse très affirmée. Par contre, elle est concernée par l’état du monde. Elle a une réelle volonté d’améliorer l’état de la planète. Ses préoccupations se tournent vers le développement durable, l’écologie ou d’autres idées qui transcendent les frontières et les cultures. Faire de l’argent ne suffit pas s’il n’y a pas une contribution au bien-être de la société. Les jeunes adhèrent aux propos d’Henry Ford selon lesquels «une entreprise qui ne fait que des profits n’est pas une bonne affaire».

C’est une génération qui a un sens aigu de ses droits, notamment en matière d’information. Elle n’hésitera pas à demander des renseignements aux entreprises, aux institutions ou aux gouvernements et ne comprendra pas que certaines données soient confidentielles. WikiLeaks est son héros. La transparence et la bonne gouvernance sont de mise. La devise de Mark Twain «Ne faites jamais rien de mal, surtout si quelqu’un vous regarde» illustre cet état d’esprit. Aujourd’hui, grâce à Internet et aux réseaux sociaux, tout le monde a un droit de regard sur tout le monde.

Conception différente de la propriété

Finalement, cette génération a une conception différente de la propriété. L’économie de partage n’est pas nécessairement une utopie. Elle pense aussi que la gratuité est un droit si certains produits sont destinés à une consommation personnelle, comme l’information ou la musique. Elle a souvent de la difficulté à concevoir que quelqu’un, quelque part, doive payer. Pourtant Tim Cook, le président d’Apple, a été clair: «Si vous pensez qu’un produit est gratuit, alors vous êtes le produit!» Le prix de la gratuité est souvent la perte de la sphère privée.

Les entreprises comme les gouvernements n’ont pas le choix: ils doivent assimiler le nouveau système de valeurs de cette génération, aussi déroutant soit-il. Ces jeunes feront marcher les entreprises de demain et dirigeront les Etats d’après-demain. Ils paieront pour le système de santé et de retraites de leurs aînés (ça, c’est moins drôle) et ils bâtiront une société dont les frontières seront davantage des idées que des démarcations géographiques ou politiques. Car comme le soulignait l’un des plus grands économistes de notre temps, Peter Drucker: «Aujourd’hui, les changements de société ont plus d’impact sur les entreprises que les changements de management.»

* Président du conseil d’administration du «Temps»


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