Qu’ont en commun Philipp Hildebrand et Oprah Winfrey? Le président de la BNS et l’animatrice de télévision américaine figurent chacun en tête de deux classements tout frais parus: les 300 leaders les plus influents de Suisse, désignés par Bilan, et le Celebrity 100 du magazine Forbes.

«La crise ne semble pas avoir d’emprise sur les célébrités, constate le site Staragora: leur revenu global est en effet passé de 4,1 milliards en 2009 à 4,7 milliards en 2010»! Oui, «face aux fluctuations du marché et d’une économie mondiale qui semble rechigner à repartir, les revenus des personnages figurant dans la liste Celebrity 100 témoignent d’une remarquable résistance», commente Le Figaro. Au firmament stellaire se promène donc Oprah Winfrey, qui est la célébrité la plus puissante du monde et a gagné 315 millions de dollars l’an dernier, selon ce classement publié lundi par le magazine Forbes. A 56 ans, l’animatrice de télévision américaine, qui va lancer en 2011 sa propre chaîne de télévision, revient pour la quatrième fois en tête de cette liste établie annuellement. Elle était numéro deux l’an dernier, rappelle l’Agence France-Presse.

La deuxième place revient à Beyonce Knowles qui, avec un revenu de 87 millions de dollars, devance James Cameron. Le réalisateur de Titanic et d’ Avatar a gagné plus d’argent – 210 millions de dollars – mais il est «moins puissant» que la chanteuse, explique le magazine. Il revient dans le classement pour la première fois depuis 1999. Nouvelle venue – mais ce n’est qu’une demi-surprise – l’excentrique Lady Gaga se place au 4e rang et a engrangé 62 millions. Une autre chanteuse, Bri­t­ney Spears, remonte la pente et passe de la 13e à la 6e place, avec un revenu de 64 millions. Quant au golfeur Tiger Woods, il se maintient au 5e rang en dépit de ses déboires conjugaux et a encaissé 105 millions de dollars. A noter que les dix premiers du classement sont tous Américains, à l’exception du groupe irlandais U2, à la 7e place, et du Canadien James Cameron.

Et en Suisse?

Autre classement, autre univers… plus microcosmique. Le magazine Bilan publie cette semaine, outre huit passionnantes pages d’hommage à feu Nicolas Hayek, son palmarès des «300 personnalités les plus influentes de Suisse». En tête duquel sort le président de la Banque nationale (BNS), Philipp Hildebrand. Et «ce n’est pas pour rien» que ce dernier émerge, dit l’éditorial. «Il faut un personnage à la fois crédible et avec une vision stratégique pour s’atteler à la tâche la plus ardue du moment: faire comprendre aux banquiers avec des arguments rationnels qu’ils doivent développer une conscience, comme individu et comme groupe, afin d’avoir un horizon plus large que leurs prochains résultats trimestriels.» Car «faire partie de l’élite, c’est une fierté en sport. Cela doit le redevenir dans le monde des affaires.» C’est dit.

Les 299 autres, selon le magazine, «vont avoir de l’impact sur le cours des choses ces prochaines années». Ils sont classés par ordre alphabétique dans les six domaines d’activités suivants, où émerge cependant chaque fois une personnalité: pour industrie et services, Peter Spuhler, le président et propriétaire de Stadler Rail, à Bussnang/TG, qui pourtant vient de manquer la plus grosse commande des CFF au profit de Bombardier; pour universités, sciences, médias et organisations, l’incontournable Patrick Aebi­scher, président de l’EPFL; pour banque, finance et droit, le non moins incontournable Xavier Oberson, professeur de droit fiscal et associé de l’étude Oberson, à Genève; pour pharma et technologie, Andrea Pfeifer, la CEO d’AC Immune, à Ecublens (VD), société développant notamment une technologie qui pourrait changer la vie des patients atteints de la maladie d’Alzheimer; pour art, horlogerie et architecture, l’horloger des Breuleux (JU) Richard Mille , CEO d’une entreprise de pointe qui fabrique des montres parmi les plus élaborées au monde; enfin, pour immobilier, tourisme et médecine, Jürg Schmid, le directeur de Suisse Tourisme.

Les classements (les branchés anglicistes disent «rankings») valent ce qu’ils valent. On pourra toujours en discuter les critères et la pertinence, reste que l’obsession des premiers de classe demeure bien vivante. On a les élites qu’on veut, qu’on peut.