Marché suisse des automobiles

Les rabais stimulent les ventes, mais la branche n’exulte pas

Avec 323 800 voitures de tourisme immatriculées, les importateurs suisses ont atteint un résultat réjouissant. La demande de 4x4 et de véhicules diesel ne faiblit pas

Même si l’époque est économiquement déprimée, les Suisses ne boudent pas le plaisir d’acheter une nouvelle voiture, Quand le désir est là, il faut l’exaucer. Avec 323 783 voitures de tourisme nouvellement mises en circulation, les ventes de 2015 ont dépassé celles de 2014 de pas moins de 7,2%. Cette envolée de la demande a notamment pour origine la décision de la Banque Nationale, en janvier 2015, de renoncer au taux plancher euro/franc. Car les rabais parfois dodus consentis alors, combinés avec des offres de financement attrayantes, ont fortement stimulé les ventes.

Marques

Vingt-neuf des 50 plus grands vendeurs de voitures de tourisme affichent une croissance record de leurs ventes. Tesla a vu l’engouement autour de ses véhicules électriques se traduire par 1556 nouvelles immatriculations en 2015, contre 496 l’année précédente. Smart a vendu deux fois plus de voiturettes qu’en 2014. Parmi les cinq marques automobiles leaders, Mercedes-Benz voit ses ventes grimper de 25% et BMW de 15%. Au total, 20 marques ont une croissance supérieure à l’ensemble du marché. Parmi les 10 marques les plus vendues, Mercedes progresse au troisième rang et Renault gagne un rang, passant au sixième. Toyota n’est plus représenté dans le Top-10 (désormais 14e). Les augmentations les plus spectaculaires – mais pour des chiffres absolus modestes – se lisent dans les ventes d’Infiniti (+92%), de Jaguar (+58%) et de Ssangyong (+42%). Dans l’ensemble, sur les 50 marques proposées sur le marché suisse, 29 affichent des chiffres de vente légèrement ou fortement en hausse, tandis que 21 marques avouent des pertes de ventes parfois cruelles: parmi les plus connues, Chevrolet (-87%), Lancia (-84%), Dodge (-44%) et Alfa Romeo (-41%).

Catégories de véhicules

Ce sont les plus petits modèles qui progressent le plus. La classe mini a vu ses ventes de voitures neuves croître de 20%. Les deux catégories les plus petites atteignent un volume de ventes de 74 536 véhicules, soit 8,5% de plus qu’en 2014. Cela représente une part aux ventes totales de 23%. Mais les modèles de classe moyenne sont eux aussi très demandés (+19%). Les minivans et les vans sont à nouveau à la hausse, avec environ 32 000 immatriculations, soit une croissance de 2,5%. En revanche, les cabriolets et les roadsters sont moins demandés (9268 véhicules, soit –4,4%). Avec 5291 véhicules, le nombre de voitures de livraison multifonctionnelles se situe pratiquement au niveau de l’année précédente.

Traction sur 4 roues

La tendance à la traction intégrale se poursuit. De nos jours, tous les constructeurs sans exception disposent d’un ou plusieurs modèles à traction 4x4. Non moins de 130'793 véhicules de ce genre ont trouvé un acquéreur, soit +13%). La part de marché des 4x4 a ainsi atteint les 40%. Un détail à ce propos: aux Grisons, trois voitures sur 4 immatriculées l’an dernier sont des 4x4. Sur l’ensemble du pays, la 4x4 la plus demandée est la Skoda Octavia (4992), suivie de la BMW 3er (2777) et de la VW Golf (2708).

Véhicules tout-terrain

Quand bien même une bonne partie de ces véhicules ne se rencontre pratiquement jamais hors des routes, les voitures tout-terrain et les SUV (sport utility vehicle) jouissent toujours de la faveur des Suisses. Quelque 72 800 d’entre elles ont été mises en circulation (+ 9,4%). Le tout-terrain le plus demandé est une fois encore le Range Rovert Evoque, avec 1432 achats. Il est suivi du Jeep Grand Cherokee (1162) et du Range Rover Sport (1065). Parmi les SUV, le VW Tiguan caracole en tête des modèles les plus vendus, devant le Ford Kuga et l’Audi Q5.

Motorisations alternatives

Il faut se réjouir du fait que 13 468 voitures bénéficiant d’une source d’énergie alternative aient été mises en circulation: c’est une hausse de 37%. Un petit quart d’entre elles (3257) ont un moteur entièrement électrique. Championne de la catégorie, puisque ses ventes ont été multipliées par trois: l’américaine Tesla avec 1556 premières mises en circulation. Elle est suivie par la BMWi3 (888) et de la Renault Zoe (478). Par ailleurs, 9118 modèles hybrides et 1067 modèles à gaz ont été vendus.

Véhicules diesel

Malgré le discrédit qu’a subi le moteur diesel suite au scandale des émissions trafiquées par VW, sa popularité n’en a pas été affectée dans notre pays. Non moins de 125'892 voitures de ce type ont été immatriculées l’an dernier (+ 13%). Elles atteignent ainsi une part de marché de 39%. La voiture diesel la plus vendue est la Skoda Octavia (6554), suivie par la VW Passat (3530) et par la VW Golf (2844).

Classe luxe

En dépit des nuages noirs dans le ciel conjoncturel, les voitures de luxe se sont mieux vendues en 2015. Selon Auto-Suisse, l’association des importateurs automobiles, la classe luxe a connu une hausse de 19,4%. Avec un total de 3031 de ses modèles des classes E, S et CLS, Mercedes-Benz est en tête des constructeurs de limousines de luxe, suivi par BMW (5er, 6er, 7er) avec 2395 ventes et Audi (A6, A7, A8) avec 2332 nouveaux véhicules. Rolls-Royce et Bentley ont comptabilisé un total de 217 ventes. En revanche, Porsche avec sa Panamera et Maserati avec la Quattroporte ont essuyé une chute de leurs ventes. Pour l’anecdote deux Bugatti Veyron (1 million de francs la pièce) ont trouvé le chemin de la Suisse (romande).

Constructeurs

Depuis belle lurette, les constructeurs préférés des Suisse sont allemands. L’an dernier 146 611 véhicules neufs d’origine germanique ont été vendus (+11,2%). Derrière les marques allemandes VW, Audi, Mercedes-Benz, BMW, Opel et Ford arrivent les Japonais, avec 50'757 ventes (+1,8%). Les constructeurs français suivent avec 38'925 véhicules vendus.

Occasions

Selon Eurotax Suisse à Freienbach (SZ), le commerce des voitures d’occasion a atteint un nouveau sommet: 859 500 d’entre elles ont changé de mains, soit une hausse de 2,4%. Cela est dû entre autres au fait que les réductions de prix sur les véhicules neufs ont également agi vers le bas pour les voitures de seconde main, comme l’explique Urs Wernli, président central de l’UPSA, l’Union des professionnels suisses de l’automobile. Le commerce de voitures d’occasion a dû appliquer une nouvelle fois d’importantes réductions de prix. Si cela est réjouissant pour les acheteurs, pour les vendeurs cette évolution peut constituer parfois une menace existentielle. «Les pertes de profit dans le commerce ne peuvent pas être compensées n’importe comment, d’autant que le rendement des garages est lui aussi tendanciellement à la baisse ou se réduit en tout cas à l’échéance de la garantie», ajoute-t-il. Sur le marché de l’occasion, Volkswagen arrive en tête avec une part de 13,9%, suivi par Audi (7,6%), BMW (7,0%), Opel (6,4%) et Mercedes-Benz (6,2%).

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