Le groupe anglo-néerlandais Unilever, numéro trois de l'industrie alimentaire derrière Nestlé et Philip Morris, a affiché jeudi une chute de 60% de son bénéfice 2000, qui s'est établi à 1,105 milliard d'euros (1,7 milliard de francs), contre 2,956 milliards réalisés en 1999. La perte nette enregistrée sur le quatrième trimestre 2000 est de 828 millions d'euros (1,27 milliard de francs), soit une baisse de 232% par rapport à la même période de 1999. Le chiffre d'affaires du groupe a augmenté de 16% par rapport à 1999, à 47,6 milliards d'euros (environ 73 milliards de francs), pour un résultat d'exploitation de 5,7 milliards (+25%). La direction du groupe affiche en outre sa satisfaction quant à l'application du plan de restructuration, affirmant avoir «pris de l'avance sur le planning». Pour l'exercice 2001, Unilever a prévu «une légère croissance à deux chiffres» de son bénéfice net par action.

En février 2000, Unilever avait soudainement annoncé la suppression de 25 000 emplois dans le cadre d'une opération destinée à faire passer sa marge bénéficiaire de 11 à 15% en cinq ans. La multinationale a alors prévu que cette restructuration lui coûterait 5 milliards d'euros (environ 7,7 milliards de francs), dont 3 milliards pour l'abandon d'une centaine d'usines et la suppression des emplois, et 2 pour rationaliser ses marques – Unilever désirant diminuer son portefeuille de 1600 à 400 marques.

Le titre du groupe, qui avait régulièrement baissé depuis l'été 1999, passant de 73 euros à un plancher de 42, reprenait alors des couleurs. En mai, le raid de la multinationale sur le fabricant américain Bestfoods dopait à nouveau le titre. Début juin, Unilever avalait cette proie mais au prix fort: 24,3 milliards de dollars (environ 40,2 milliards de francs). Lors de cette acquisition, le groupe anglo-néerlandais admettait qu'il faudrait attendre 2005 pour que cet investissement soit véritablement rentable pour les actionnaires. Le titre dégringolait à nouveau sous la barre des 50 euros.

Durant tout l'été, le marché a attendu avec impatience qu'Unilever se déleste de ses activités non stratégiques. Fin octobre, la vente des cosmétiques Elizabeth Arden – un secteur chancelant en raison de la flambée des produits pétroliers, produits extrêmement utilisés dans cette industrie – stimulait le titre, qui entamait alors une montée régulière jusqu'à 70 euros. Début janvier, la baisse de l'action a, à nouveau, été stoppée par l'annonce d'une nouvelle vente: les soupes, cédées au leader mondial Campbell.

Rentabilité renforcée en Suisse

Jeudi, Unilever a également détaillé les résultats de sa filiale helvétique. En raison de la vente d'Elizabeth Arden, le chiffre d'affaires s'est effrité de 1,7% pour atteindre 869 millions de francs. L'an prochain, l'intégration de la gamme de produits Knorr (groupe Bestfoods) devrait inverser cette tendance. La filiale suisse a renforcé sa rentabilité, le résultat après impôts progressant de 12,7% à 62 millions de francs et le bénéfice par collaborateur (Unilever emploie en Suisse 1290 personnes) de 14,5% à 48 000 francs. Unilever Suisse comprend notamment les sociétés Lipton-Sais et Lever-Fabergé à Zoug, Pierrot-Lusso à Ostermundigen (BE) et DiverseyLever à Münchwilen (TG).