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Le patron de Raiffeisen Patrik Gisel, ce vendredi 2 mars 2018.
© WALTER BIERI/KEYSTONE

Banque

Raiffeisen enregistre un bénéfice record de plus de 900 millions

Le troisième groupe bancaire suisse a publié ses résultats dans un contexte tendu. Son chef Patrik Gisel a exclu de démissionner à cause de l’affaire entourant son prédécesseur Pierin Vincenz

Raiffeisen a dégagé en 2017 un bénéfice net de 917 millions de francs, un montant record, en hausse de 21,6%. Le résultat opérationnel a crû de 29,7% à 1,1 milliard de francs, écrit Raiffeisen dans un communiqué. Les actifs sous gestion ont eux aussi augmenté de 3,4% à 209,6 milliards de francs. Ce résultat englobe aussi la vente à Vontobel du portefeuille d'Europe de l'Est de Notenstein La Roche, à hauteur de 2 milliards.

«Un mauvais timing», ont soupiré vendredi à Lausanne les responsables de la banque qui ont présenté les résultats de Raiffeisen à la presse. Malgré des chiffres «excellents», les questions se sont focalisées sur les derniers événements touchant l’ancien patron l’établissement, Pierin Vincenz.

Patrik Gisel exclut toute démission

Jeudi, le ministère public de Zurich a demandé la mise en détention provisoire de Pierin Vincenz. En attendant la décision d’un juge, l’ancienne star de la banque doit rester en garde à vue. La procédure pénale est instruite pour gestion déloyale.

Lire à ce propos: L’ancien patron de Raiffeisen, Pierin Vincenz, est en garde à vue depuis mardi

Alors que la presse jugeait que son successeur Patrik Gisel est aussi menacé par la tourmente, ce dernier s’est exprimé lors de la conférence de presse donnée vendredi matin à Zurich. «J’exclus toute démission en lien avec l’enquête qui touche mon prédécesseur Pierin Vincenz», a-t-il affirmé tout en se disant «ébranlé» par ces événements.

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Interrogés à Lausanne, les responsables présents ont indiqué qu’ils ne pouvaient pas s’exprimer sur l’enquête en cours. Ils ont assuré que des mesures avaient été prises déjà auparavant au sein de la banque pour obtenir davantage de transparence et éviter tout conflit d’intérêts.

Notre éditorial: Le crime financier ne doit pas payer

Cette affaire «n’est pas la meilleure des publicités», a reconnu Philippe Thévoz, porte-parole. Les clients ne semblent cependant pas trop alarmés, a tenu à préciser Gabriele Burn, membre de la direction de Raiffeisen. «Il n’y a presque pas de questions» à ce sujet, a-t-elle relevé. «Il n’y a pas énormément de réactions», a corroboré Sébastien Kolly, membre de la direction du siège Suisse romande.

Réorientation de la banque

Ces dégâts d’image ne doivent pas assombrir le tableau, ont surtout plaidé les deux dirigeants. L’année dernière est «exceptionnelle» pour Raiffeisen avec un bénéfice historique de 917,1 millions de francs auquel ont participé tous les secteurs de la banque, y compris la vente des participations d’Helvetia, d’Avaloq et d’autres positions (produit extraordinaire de 119,4 millions de francs).

Ces ventes illustrent aussi la réorientation du groupe qui ne veut plus de participations financières, mais des collaborations avec des partenaires. Dans le même esprit, la banque privée Notenstein La Roche a vendu à Vontobel ses opérations dans les pays de l’Est (2,14 milliards de francs) et se «recentre sur le marché suisse».

 «Logement, patrimoine et entrepreneuriat»

Pour Raiffeisen, les opérations hypothécaires demeurent le pilier central. En 2017, les créances hypothécaires ont connu une hausse supérieure au marché, à hauteur de 7,2 milliards de francs. Raiffeisen détient 17,5% des parts de marché de ce secteur en Suisse. Par ailleurs, les actifs sous gestion de la banque ont progressé de 6,8 milliards pour atteindre 209,6 milliards. Le résultat opérationnel a atteint l’an dernier 1,1 milliard (+29,7%).

Pour 2018, Raiffeisen juge «qu’il sera difficile de dépasser l’excellent résultat 2017». Après sa réorientation stratégique, la banque mise sur la qualité de son réseau et une offre complète proposée aux clients. Avec trois secteurs clés: «Logement, patrimoine et entrepreneuriat», a lancé Gabriele Burn.

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