Raiffeisen entend poursuivre sa politique d’acquisitions

Banque En 2014, la coopérative a réalisé un bénéfice record de 759 millions de francs

Si la rentabilité de Notenstein est jugée insuffisante, d’autres rachats ne sont pas exclus par Pierin Vincenz, le directeur

«On ne devient pas plus jeune», a ironisé Pierin Vincenz en observant qu’il présentait pour la seizième fois les résultats annuels de Raiffeisen. Et cela probablement pour la dernière fois. Le directeur de la coopérative bancaire, qui remettra ses fonctions à Patrik Gisel à fin mars 2016, a pu se targuer de nouveaux chiffres record pour l’exercice 2014. Le bénéfice net de 759 millions de francs, en hausse de 42,8 millions de francs, est le plus élevé enregistré à ce jour. Il inclut toutefois le bénéfice de 44 millions de francs découlant de la vente de la participation du groupe dans Vontobel. En termes d’actifs sous gestion, le troisième groupe bancaire helvétique a vu ses avoirs grimper de 9,8 milliards pour atteindre 197 milliards. Sur cette hausse, 6,7 milliards correspondent à des afflux nets d’argent frais des clients.

Le groupe a aussi progressé à l’opérationnel, grâce surtout à la poursuite de son expansion dans le secteur immobilier. La coopérative a gagné de nouvelles parts de marché qui ont atteint 16,6% en 2014, contre 15,7% en 2010. Elle a enregistré une croissance de 5% du volume de ses affaires hypothécaires l’an dernier, contre 3,6% pour l’ensemble du marché. Malgré cette position de leader sur le marché helvétique, Raiffeisen finance, en moyenne, des hypothèques inférieures à de nombreux concurrents. Sur l’ensemble du pays, les nouvelles hypothèques ont atteint un montant de 449 000 francs en moyenne (416 000 en 2013). Un montant qui grimpe à 598 000 francs (546 000 francs) dans les «hot spots», notamment à Zurich et dans l’Arc lémanique. Marcel Zoller, directeur financier, a relativisé cette progression en soulignant que 94% des hypothèques financées de Raiffeisen sont inférieures à un million de francs.

Les résultats de sa filiale de gestion de fortune Notenstein Banque Privée ont en revanche évolué en demi-teinte. Si ses actifs sous gestion ont progressé de 7% à 21,2 milliards, son bénéfice brut a, lui, chuté de moitié à 6,9 millions (13,6 millions un an plus tôt). Le rapport entre les coûts et les bénéfices s’est encore détérioré à 95,7% (90,8%). «L’objectif est de ramener ce ratio à 75%», a déclaré Pierin Vincenz, vendredi à Zurich.

Pour autant, le directeur indique que Raiffeisen «est prête à effectuer de nouvelles acquisitions», en référence à la reprise de la banque privée bâloise La Roche & Co qui sera intégrée au sein de Notenstein. «Compte tenu du faible niveau des taux d’intérêt et des coûts réglementaires en hausse, l’avenir des petites banques privées n’est pas toujours assuré», a-t-il commenté. Il a toutefois précisé que seuls les établissements ayant à la fois «une structure de clientèle et une culture qui nous correspondent» entrent en ligne de compte comme des cibles potentielles pour Raiffeisen.

Au sujet de l’introduction de taux négatifs par la BNS, Pierin Vincenz a réaffirmé que la banque n’avait pas prévu de les répercuter sur ses clients. Les actifs déposés par Raiffeisen auprès de la BNS se situent à moins de 10 milliards, bien au-dessous de la limite de 16 milliards à partir de laquelle des taux négatifs lui seraient imposés. La banque dispose encore d’une marge de manœuvre de l’ordre de 6 milliards. Pour autant, la coopérative n’envisage pas de recueillir les avoirs d’autres établissements qui, eux, seraient directement affectés par les taux négatifs.

Pierin Vincenz va-t-il remettre son mandat avant la fin du délai prévu dans un an? Le Grison est resté relativement évasif à ce sujet. «L’important est d’assurer une transition en douceur permettant d’assurer une continuité des activités du groupe», a-t-il esquivé.

La coopérative bancaire ne prévoit pas de répercuter les taux négatifs sur ses clients