Il a fallu un an pour connaître le prix versé par Raiffeisen pour la banque Notenstein, qui réunit les activités non américaines de Wegelin. L’été dernier, Pierin Vincenz, le directeur du numéro trois bancaire suisse, a levé le voile sur une partie de la transaction, évoquant 155 millions de francs, soit 0,75% des actifs sous gestion de 21 milliards de la banque. S’y ajoutait une «valeur de substance», non précisée. Puis, mercredi, un montant de 560 millions est ressorti des documents de la justice américaine en vue du procès final de Wegelin. Vendredi, Raiffeisen a annoncé avoir payé 577 millions pour Notenstein. Outre les 155 millions connus, le montant inclut 33 millions d’impôts latents et 389 millions pour la valeur de substance de la firme.

Pourquoi ne pas avoir communiqué ce prix plus tôt? Vendredi à Zurich, Pierin Vincenz a admis que les indications publiées l’été dernier ont entraîné une «certaine confusion». Mais la valeur de substance de la société, qui inclut ses fonds propres et les réserves latentes, n’a pu être établie qu’en seconde moitié d’année. Le prix conclu il y a un an était soumis à des conditions: il pouvait varier en fonction du développement des actifs sous gestion ou de l’évolution de la situation sur le plan juridique.

Le groupe Raiffeisen a-t-il trop payé pour Notenstein? Le rachat de la banque forte de 700 employés ne peut que difficilement se comparer à d’autres transactions réalisées en Suisse ces dernières années. Lors de la reprise des activités suisses d’ING par Julius Baer ou celles de Commerz­bank par Vontobel, seuls les actifs ont été repris. Toutefois, ces établissements n’ont pas continué d’exister en tant qu’entité complète. L’ordre de grandeur est toutefois proche: en 2009, Julius Baer a payé 520 millions de francs pour reprendre ING Bank (Suisse) qui gérait des actifs de 15 milliards.

Côté opérationnel, Notenstein a su maintenir ses actifs sous gestion à 21 milliards. Son résultat brut a été de 46 millions de francs, alors que le bénéfice net s’est, lui, établi à 30 millions, a précisé Marcel Zoller, directeur financier. Selon lui, le rapport coûts/revenus chez Notenstein, de 74,9%, est plus favorable que le niveau d’au moins 80% chez d’autres banques privées.

Recul dans les «hotspots»

Suite à ce rachat, les actifs sous gestion du groupe Raiffeisen ont bondi à 173 milliards (+18,6%). L’opération n’a que peu influencé le bénéfice net situé à 634 millions (+6,6%). Autre atout vanté par Raiffeisen: la meilleure diversification des recettes. La part des revenus incombant aux opérations d’intérêt a reculé à 77%, contre 83% en 2011.

Les affaires hypothécaires de Raiffeisen ont augmenté moins vite que le reste du marché en Suisse. Ses parts de marché ont légèrement crû à 16,2% en 2012. Les nouvelles affaires conclues dans les régions qualifiées de «hotspots» sont en recul depuis la mi-2011, a souligné Pierin Vincenz.