Banque

Raiffeisen se choisit un président sur mesure

Le troisième groupe bancaire helvétique nomme Guy Lachappelle, actuel patron de la BKB, à sa présidence. Ce Bâlois peu connu hors des frontières rhénanes est rompu à l’exercice de la gestion de crise

Son nom est peu connu de ce côté de la Sarine. Guy Lachappelle, qui dirige la Banque cantonale de Bâle (BKB), est même rarement cité en dehors du bassin rhénan. C’est pourtant lui qui a été choisi vendredi pour prendre la présidence du numéro trois bancaire helvétique, Raiffeisen, en pleine tourmente depuis la mise sous enquête pour gestion déloyale de son ex-patron et bâtisseur Pierin Vincenz.

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Rompu au scandale

Les situations de crise, il connaît. Quand en 2013 il est nommé aux commandes de la BKB, d’abord ad interim, c’est parce que son prédécesseur a été poussé à la démission pour des défaillances au sein de la division banque privée. C’est d’ailleurs l’activité de crédit, dont il avait la responsabilité, qui avait été touchée, pour n’avoir pas décelé les pratiques frauduleuses du gérant indépendant ASE Investments. Cela n’avait pas empêché Guy Lachappelle de conserver la confiance du conseil d’administration, au point d’être confirmé au poste de directeur général.

En nommant Guy Lachappelle, Raiffeisen se dote aussi d’un connaisseur du fonctionnement des banques régionales. Après des études de droit, ce natif de Bâle, décrit par la presse locale comme «sociable» avec «un tempérament de meneur», démarre sa carrière dans le crédit, d’abord à la banque Cial (aujourd’hui CIC) sise au cœur de la cité rhénane. Il rejoint ensuite la banque Coop, rebaptisée depuis banque Cler et passée sous le giron de la BKB, qui en est propriétaire à 75,8% et veut désormais la racheter totalement.

Une femme à la tête de la BKB

Dans la foulée de l’annonce du départ de Guy Lachappelle pour la présidence de Raiffeisen, la BKB a désigné son actuelle cheffe des finances, Simone Westerfeld, comme directrice générale par intérim. Adrian Bult, qui préside l’établissement cantonal, dit regretter le départ de celui qui a «rendu sa réputation à la banque» et posé les fondements de son renouveau.

C’est cette tâche qui incombe aujourd’hui à Guy Lachappelle à la tête de Raiffeisen. Ce père de cinq enfants d’une famille recomposée va devoir redorer l’image d’une banque «devenue trop grande», selon les termes de Pascal Gantenbein, qui assurait l’intérim à la présidence avant de retirer sa candidature au poste.

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S’il remporte l’adhésion des délégués lors de l’assemblée générale extraordinaire agendée au 10 novembre, sa première mission sera de trouver un successeur à Patrik Gisel. Dans le sillage de l’affaire Vincenz, celui qui a été son bras droit a annoncé qu'il quitterait fin 2018 le groupe bancaire aux 246 coopératives autonomes, représentant plus de 210 milliards de francs d’actifs sous gestion à fin juin 2018.

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