Raiffeisen simplifie ses structures et réorganise la gestion d’actifs

Finance Les activités de gestion d’actifs de Notenstein sont combinées à celles de TCMG dans une nouvelle entité

Les conséquences de la fin du contrat de coopération qui lie Vontobel et Raiffeisen jusqu’en 2017 et de la désignation de Raiffeisen comme banque systémique se traduisent par une vaste réorganisation des liens entre Raiffeisen, Notenstein et la multiboutique TCMG AM.

La multiboutique TCMG AM et la gestion d’actifs de Notenstein Banque Privée seront intégrées dans une nouvelle entité de Raiffeisen Suisse, à savoir Notenstein Asset Management SA, selon un communiqué publié lundi.

12 milliards d’actifs

La nouvelle société sera spécialisée dans la gestion d’actifs, dirigée par Aris Prepoudis, actuel responsable de la clientèle institutionnelle de Notenstein Banque Privée, et présidée par Pierin Vincenz, président de la direction du groupe Raiffeisen. La suppléance du président de la direction de la nouvelle structure sera assurée par Andreas Knörzer, actuel responsable Asset Management auprès de la banque privée Notenstein. Les actifs sous gestion de la nouvelle société s’élèvent à 12 milliards de francs, selon la porte-parole, ceux de la gestion de fortune étant de 17 à 18 milliards de francs et ceux de TCMG AM 8 à 9 milliards de francs.

La structure sera mise en œuvre dans le courant de 2015. «La banque privée Notenstein pourra ainsi se concentrer sur la gérance privée tandis que le nouveau centre de compétences sera axé sur la gestion institutionnelle et les placements», a indiqué Adrian Künzi, président de la direction de Notenstein Banque Privée. La nouvelle organisation assurera une transparence et une flexibilité stratégique accrues pour les deux entités, selon le communiqué. La banque privée Notenstein pourra, comme précédemment, avoir recours au savoir-faire, aux services et aux produits de Notenstein Asset Management. D’un point de vue structurel également, cette étape souligne l’indépendance de la banque privée pour ce qui est du choix de produits financiers et de composantes de rendement conformes au profil de risque-rendement de ses clients.

Propre plateforme bancaire

La fin de la coopération entre Vontobel et Raiffeisen en 2017 amène le groupe Raiffeisen à recréer sa propre plateforme bancaire. Elle se développera donc dans les différents métiers que sont la gestion d’actifs (dans la nouvelle entité), dans la banque d’investissement (à travers la participation dans Leonteq), la gestion de fortune (au sein de Notenstein Banque Privée) et finalement via la plateforme informatique (créée avec Avaloq). On note d’ailleurs, au passage, que la banque Vontobel est citée dans le communiqué.

La désignation de banque systémique oblige par ailleurs Raiffeisen à disposer de fonds propres élevés et en vertu des nouvelles régulations à présenter une structure simple, claire et limpide, donc à consolider ses participations.

Les changements de personnes annoncés dans le communiqué confirment cette analyse. Beat Wittmann, directeur de TCMG, quittera le groupe après avoir assumé la transition. Il a en effet l’intention d’exercer une activité indépendante «en tant que gérant d’actifs et investisseur». En 2009, il avait créé sa propre entreprise, Dynapartners, anticipant une hausse pluriannuelle des marchés et une croissance structurelle de la gestion d’actifs. En 2012, il a mis en œuvre une stratégie de croissance par acquisitions. C’est ainsi que fut créée TCMG AM en mars 2013. Sa stratégie multiboutique permettait à chaque société membre de se consacrer à la gestion de portefeuilles tout en profitant d’opportunités de développement et d’un centre de services et de compétences. Il n’existe d’ailleurs guère d’autres solutions de ce type sur la place. La solution choisie ne partage pas cette stratégie entrepreneuriale, puisqu’elle sera purement bancaire. Ainsi, il est à prévoir que les boutiques du groupe deviendront des départements bancaires, comme le suggère le fait que Peter Oertmann, directeur de Vescore, devienne chef stratège de la nouvelle entité. Cela ne sera pas le cas de Dynagest à Genève, puisque c’est une participation minoritaire de Raiffeisen.