Triste semaine pour le sport, la faute à Serge Aurier et Manny Pacquiao. Le premier a été privé de sa prime d’éthique – oui, oui, ça existe – de 180 000 euros pour avoir traité son entraîneur de «fiotte». Le second, qui apparemment a laissé pas mal de neurones sur le ring, a cru bon de comparer les homosexuels non pas à Laurent Blanc mais à des animaux. Et encore, au détriment de ces derniers. C’en était trop pour son équipementier qui a aussitôt dénoncé leur partenariat commercial. Bing, quelques millions en moins dans son vieux sac de boxe.

Evidemment tout ça n’est que pacotille pour des sportifs anencéphales gavés aux pétrodollars à longueur d’année (je dis ça pour les joueurs de foot dont le salaire est versé, par exemple, par le Qatar). Et vous avez entièrement raison. Reste que c’est là la preuve qu’en 2016 encore, c’est au porte-feuille qu’il faut frapper pour faire mal.

Prenez le marché du pétrole justement. Les pays producteurs souffrent depuis plusieurs mois d’un écroulement des prix synonyme de rentes en chute libre et, par conséquent, de déficits publics. C’est pour cette raison que l’Arabie saoudite a vu sa note souveraine être dégradée par S&P la semaine dernière pour la deuxième fois en quatre mois. Ou que le Venezuela a été contraint d’augmenter le prix de l’essence de 6000%.

Or, Riyad refusait jusque-là de réduire sa production mensuelle ne serait-ce que d’un quart de baril. Les rois du pétrole préféraient se serrer la ceinture plutôt que de voir l’Iran, l’ennemi juré, profiter d’une remontée des prix, aussi infime soit-elle.

Coup de théâtre la semaine dernière. L’Arabie saoudite, mais aussi la Russie ou encore le Qatar, ont accepté, non pas de réduire mais de geler leur niveau de production mensuelle de pétrole. Au plus grand bonheur de Téhéran, qui a applaudi sans pour autant accepter de participer à l’effort commun (pas fous, les Iraniens), mais aussi de certains joueurs de foot qui pourront ainsi compter sur une prime d’éthique renforcée l’année prochaine. Enfin, si j’ai bien compris, et à condition de ne pas traiter Monsieur le président de lavette.