OC Oerlikon dégringole à la bourse suisse. Mercredi, le titre du groupe schwyzois de haute technologie a chuté de 17,6% à 95,55 francs, soit son plus bas niveau en cinq ans. Depuis le début de l'année, l'action a perdu 77,86% de sa valeur. «Nous sommes bien sûr déçus de l'évolution du titre. Désormais, nous voulons montrer qu'il ne reflète pas la valeur correcte de l'entreprise», affirme mercredi Uwe Krüger, patron d'OC Oerlikon, lors d'une conférence téléphonique.

Cette chute depuis le début de l'année est consécutive à plusieurs avertissements sur résultats, le dernier datant de mercredi. La mauvaise conjoncture dans les secteurs du textile et des semi-conducteurs au troisième trimestre a frappé de plein fouet le groupe détenu principalement par Renova, société du milliardaire russe Viktor Vekselberg. Le résultat annuel avant intérêts, taxes et coûts liés à la restructuration (plus de 1000 emplois supprimés) atteindra 250 millions de francs et non 330 millions comme annoncé précédemment. Une perte annuelle est envisagée, en raison notamment d'amortissements à hauteur de 343 millions de francs.

Chute des entrées de commandes

«Le textile poursuit son déclin, dans des pays clés comme la Chine, l'Inde et la Turquie. Les entrées de commandes y ont en moyenne chuté de 60% sur les neuf premiers mois de l'année», commente Uwe Krüger.

Globalement, les ventes sur neuf mois ont reculé de 7,4% à 3,8 milliards de francs. La bonne marche de certaines divisions, comme le solaire et les pompes à vide, n'a pu compenser le fort ralentissement du textile et des semi-conducteurs, dont les ventes ont respectivement chuté de 44,9% et de 3,8% depuis début 2008.

Dans le solaire, le chiffre d'affaires généré par les lignes de production de panneaux à fines couches de silicium s'est envolé de 133% à 442 millions de francs. «Malgré le report possible de certains projets, nous maintenons nos objectifs de ventes annuelles de cette division à 700 millions de francs», ajoute Uwe Krüger.

Toutefois, cela ne suffira pas à inverser la tendance concernant les entrées de commandes. Elles ont chuté de 16,9% à 3,7 milliards de francs, soit nettement plus que les attentes des analystes. De plus, la division d'équipements automobile, jusqu'à présent épargnée, pourrait elle aussi commencer à souffrir. Daniel Eskenazi, Zurich