Effet limité sur le reste du monde

Alors que le monde s’effraie de la chute spectaculaire des bourses chinoises et du ralentissement économique du pays, nombre d’économistes tentent d’en nuancer l’impact. Parce qu’une Chine qui décélère contribue toujours autant à la dynamique du globe: «En 2000, son poids dans l’économie mondiale était de 7%, sa croissance de 15% et sa contribution à la croissance mondiale de 1%. Aujourd’hui, les chiffres sont inversés (poids de 15%, croissance de 7%), mais la contribution reste identique», souligne Marie Owens Thomsen, cheffe économiste au Crédit Agricole Suisse.

Ce ralentissement est donc une phase normale du développement du pays et, selon ses projections, la croissance devrait atteindre 2% en 2047. «On ne réalise pas que plus la taille d’une économie est grande, moins la création de richesse pèse en pourcentage», poursuit l’experte. Dans les matières premières, la demande reste identique, ce qui fait que le ralentissement chinois n’a que peu d’effet sur les prix.

Lutte contre la corruption

Certains pays sont pourtant déjà frappés par les troubles économiques chinois. «A l’exception de l’Inde, du Vietnam et des Philippines, tous les pays d’Asie, en particulier du Sud-Est, dépendent de la dynamique chinoise parce que c’est leur principal marché. La situation est donc préoccupante pour eux», détaille Raymond Hêche, partenaire de la société Nivalis Partners basé à Hongkong. C’est vrai aussi pour le Brésil, qui exporte de plus en plus de matières premières vers la Chine, ajoute-t-il.

Certains secteurs sont également touchés. Volkswagen a prévenu ses investisseurs fin juillet: si le second semestre suit la même tendance qu’en juin, le bénéfice du géant automobile allemand serait amputé de 2 milliards d’euros. Le constructeur coréen Hyundai a tenu un discours similaire. «Cette année, au premier semestre, c’est la première fois en plus de dix ans que les ventes d’automobiles baissent», souligne Raymond Hêche.

Mais tout n’est pas à mettre sur le compte de l’économie. «La campagne anti-corruption affecte les ventes du luxe. Mais il ne faut pas confondre, ce n’est pas parce que l’économie ralentit», souligne encore Marie Owens Thomson. Les principaux acteurs de l’horlogerie haut de gamme savaient qu’il y avait un emballement dans ce domaine mais qu’il était voué à se tasser, ajoute Raymond Hêche. De même, «si l’industrie européenne des machines souffre aussi, c’est davantage parce que la concurrence asiatique se renforce et monte en gamme que parce que la demande diminue», précise l’expert.