Conjoncture

Le ralentissement économique sera plus marqué à Genève que dans le reste de la Suisse

Le canton est plus exposé aux variations de taux de change que le reste de la Suisse

Le ralentissement sera plus marqué à Genève qu’en Suisse

Conjoncture Le canton est plus exposé aux variations de taux de change que le reste du pays

Genève souffre plus de la conjoncture que le reste de la Suisse. La croissance dans le canton romand atteindra 0,7% à la fin de l’année et 0,8% pour 2016, selon les prévisions conjoncturelles de la Banque Cantonale de Genève (BCGE) présentées jeudi. La croissance de l’économie suisse devrait, elle, être plus marquée avec 0,9% pour 2015 et 1,3% pour 2016.

Pourtant, la métropole lémanique affichait depuis deux ans et demi un taux de croissance supérieur à celui du reste de la Suisse. «Le choc sur le marché des changes suite à l’abandon du taux plancher et les taux d’intérêt négatifs ont effacé ce différentiel de croissance par rapport à la Suisse», explique l’économiste en chef de la BCGE, Valérie Lemaigre.

L’économie genevoise, très ouverte sur l’international, est en effet plus dépendante du cours des devises. L’appréciation du dollar – qui devrait encore progresser de 5% sur les 12 prochains mois – et la volatilité des changes devraient ralentir le cycle des exportations mondiales. Mais «quand la monnaie états-unienne résiste bien, Genève va mieux», explique l’analyste de la BCGE. L’Asie, dont les monnaies, comme le yuan chinois, sont souvent liées au dollar, pèse pour 39% des exportations genevoises. Et seulement 21% au niveau suisse. Le canton comme le pays sont exposés à hauteur de 11% aux Etats-Unis.

A Genève, le commerce, le tourisme et la finance continueront à grever la croissance. Ces secteurs étaient déjà en recul de 0,2% au premier trimestre de l’année. L’impact des taux d’intérêt négatifs sur les différents secteurs économiques reste la grande inconnue. «Il n’y a pas de précédent. Cela a créé des distorsions sur certains marchés et suscite des comportements qui ne sont pas nécessairement favorables à la dépréciation du franc.»

Le taux de chômage global du canton devrait, lui, progresser de 5,5 à 5,9% d’ici à la fin 2016.

Pas de récession prévue en 2015

Les petites et moyennes entreprises (PME) commencent, elles, à relever la tête, selon Virginie Fauveau, directrice de Capital Transmission, une filiale de la BCGE spécialisée dans les opérations de transmission et d’expansion des entreprises: «Le choc est passé. Le reste de l’année ne sera pas évident mais il n’y a pas de catastrophisme ambiant. Les PME peuvent maintenant anticiper.» Le directeur général de la banque Blaise Goestchin préfère relativiser: «L’économie suisse est habituée au franc fort. Structurellement, il y a même une amélioration sur le dollar qui était encore plus faible il y a un an et demi.»

Le franc fort et le cours du pétrole continueront à tirer les prix vers le bas avec une inflation négative de 0,8% pour Genève comme pour la Suisse. Mais un timide retour de l’inflation, entre 0 et 0,6%, est prévu en 2016. La BCGE ne prévoit pas de récession cette année. La consommation devrait en effet relancer la croissance sur la deuxième partie de l’année.

Publicité