Comment notre rapport au travail a changé
Alors que l’économie manque de main-d’œuvre, beaucoup semblent aspirer à moins travailler. Sommes-nous devenus paresseux? La réalité est plus complexe qu’il n’y paraît
Le 1er Mai, jour de la Fête du travail. Mais quel travail, en 2023? Autant dire que la question suscite de vifs débats, et encore plus depuis que le coronavirus et la pénurie de personnel sont passés par là. L’Union patronale suisse (UPS) recommandait la semaine passée de travailler davantage tandis qu’à Genève une initiative qui sera votée en juin vise notamment à réduire la durée d’activité hebdomadaire de 41 à 32 heures d’ici à 2030 sans baisse de salaire.
Un mouvement qui serait spectaculaire, car depuis 1970, la durée d’une semaine de labeur s’est déjà réduite, mais de façon bien moins importante. Pour les postes à temps plein par exemple, elle a baissé de 43 à 41 heures entre 1991 et 2019. Entre 2010 et 2019, la durée annuelle effective de travail par personne active a diminué de 3,9%, soit une baisse de 7,4 jours par année. Les causes? Une augmentation du temps partiel ainsi que des vacances et une chute des heures supplémentaires, entre autres.