L’OMC doit rendre lundi le rapport final, mais encore confidentiel, sur des décennies d’aides américaines à Boeing, jugées illégales par l’avionneur Airbus qui estime le préjudice commercial à 45 milliards de dollars (32,8 milliards d’euros).

Selon des sources à Washington, le document doit être distribué le 31 janvier probablement «vers 15H30 GMT» aux parties concernées, Bruxelles et Washington.

Les conclusions du deuxième volet du dossier le plus lourd jamais porté devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC), en 2004, sont très attendues après un jugement rendu le 30 juin 2010 qui a condamné certaines aides européennes à Airbus, filiale d’EADS.

Selon les règles de l’OMC le rapport restera toutefois confidentiel pendant quelques mois jusqu’à ce qu’il soit traduit dans les trois langues officielles de l’organisation basée à Genève.

En septembre, l’avionneur Airbus et la France, après avoir lu une version préliminaire du rapport, avaient revendiqué une victoire dans la guerre des Titans qui les opposent à Boeing, assurant que l’OMC avait jugé illégales des années d’aides de Washington au géant américain.

Compensations demandées

«Les aides accordées à Boeing ont un effet bien plus significatif en termes de distorsion de la concurrence que n’importe quelle autre aide accordée à Airbus. Nous considérons qu’un montant d’au moins 45 milliards de dollars pourrait être réclamé en compensation», a déclaré une porte-parole d’Airbus, Maggie Bergsma.

L’Europe estime à 24 milliards de dollars les subventions américaines déguisées à son grand concurrent. Elles ont entraîné pour Airbus un préjudice commercial qu’il chiffre à 45 milliards, entre 2000 et 2005.

«Cette déclaration d’Airbus est tout simplement ridicule», a réagi un porte-parole de l’avionneur américain. Boeing a toutefois reconnu que dans le rapport préliminaire, les juges de l’OMC avaient relevé l’existence «d’aides illégales».

«En fait, ces conclusions suggéraient» que le montant des aides reproché par l’OMC aux Américains est «bien bien plus petit» que celui reproché à Bruxelles, a estimé Ted Austell, vice-président de la division politique commerciale de Boeing.