Idées

Rapprochement de l’UE ou repli, il faut choisir, affirme Avenir Suisse

Le statu quo est intenable, selon le think tank. Ce dernier met six scénarios sur la table pour repenser le système helvétique et assurer sa prospérité, y compris une adhésion à l’Union européenne. Une idée qu’il faut «dédiaboliser», ajoute-t-il

L’inertie s’est installée. Les réformes ne passent plus (comprenez ici celle de l’imposition des entreprises, RIE III, et des retraites). Les initiatives ou référendums qui remettent en question le modèle économique libéral de la Suisse se sont multipliés ces dernières années. Pourtant, la prospérité du pays n’est pas en déclin, assure Avenir Suisse. Qui s’inquiète néanmoins: le statu quo n’est pas la bonne option, pour le think tank libéral, qui juge que «se contenter de gérer nos succès» brouille notre capacité de voir les changements nécessaires.

C’est ainsi qu’il a lancé mercredi matin son «Livre blanc» pour la Suisse – le deuxième depuis 1995 –, estimant que cette dernière doit «développer dès à présent une nouvelle vision de son avenir». Afin de l’aider, les chercheurs ont esquissé six scénarios pour repenser le modèle économique et politique du pays. Et cela, sans tabou, a précisé Peter Grünenfelder, directeur d’Avenir Suisse, lors d’une conférence de presse à Zurich. En particulier vis-à-vis de l’Union européenne, un sujet qu’il faut «dédiaboliser»: il faut décider si l’on veut rompre, intensifier les relations ou, finalement, adhérer et adopter la monnaie unique.

Lire aussi: Le livre blanc d’Avenir Suisse (en PDF)

Repli ou intégration

Avenir Suisse, qui souhaite vivement s’adresser à un large public et ne pas en rester à un débat d’experts, a ainsi choisi deux axes (intégration ou autonomie et corporatisme ou marchés ouverts) sur lesquels il a installé ces scénarios à un horizon de 12 à 15 ans. Au cœur des réflexions: comment assurer la prospérité continue de la Suisse? Les six idées vont ainsi du «repli autonome» à l'«oasis globale», en passant par le «club suisse», le «partenariat solide», la «normalité européenne» ou même la «voie scandinave».

Chaque modèle est le résultat de choix concernant les échanges commerciaux, l’immigration, le marché du travail, la répartition des richesses, etc. Le tout ayant un impact sur la productivité, les inégalités, l’imposition, l’emploi, la croissance et le pouvoir d’achat à l’étranger. A noter, dans toutes les hypothèses, la prospérité est la mieux garantie par une proximité avec l’UE plutôt que par un éloignement.

Pas un monde «idyllique»

Les spécialistes d’Avenir Suisse ne sont pas devenus utopistes pour autant. «Les scénarios ne doivent pas être des catalogues de souhaits qui font miroiter un monde idyllique pour tous», explique le livre blanc. Et précise d’emblée: «Il est impossible de prendre pour base à la fois un renforcement de l’Etat social et une réduction de la charge fiscale.»

Dans tous les choix qu’il dépose sur la table du débat, Avenir Suisse semble avoir une préférence, celle du modèle du «partenariat solide». Il implique une «dynamisation» de la voie bilatérale, de nouveaux accès au marché européen pour la finance et l’énergie, et quelques concessions sur la souveraineté formelle de la Suisse. La place financière se trouverait renforcée, la croissance serait plus forte et la sécurité des investissements serait également plus élevée. Incidemment, c’est aussi le modèle le plus proche du statu quo actuel.

Publicité