Dans la métallurgie russe, un oligarque peut en cacher un autre. Après la fusion Arcelor-Severstal, le plus fameux des milliardaires post-soviétiques refait son apparition: Roman Abramovitch. Célèbre depuis qu'il a racheté le club anglais de football Chelsea, la première fortune de Russie (18,3 milliards de dollars) est en cours de négociation pour racheter Evraz, le numéro deux de la sidérurgie du pays. Parallèlement, il serait en contact avec le groupe anglo-néerlandais Corus. En vue d'une possible fusion en pleine vague de consolidation du secteur en Russie.

Si Evraz a confirmé être en discussion avec Roman Abramovitch, les projets sur Corus ne sont pour le moment que l'objet de rumeurs. Le réputé journal économique russe Kommersant a notamment révélé que l'oligarque cherchait à acquérir une participation dans Corus afin de l'échanger ensuite contre les 40% du capital d'Evraz qu'il serait en train de négocier (pour 3 milliards de dollars selon la presse moscovite). Ce mariage aurait une logique industrielle car il permettrait à Corus d'avoir directement accès aux matières premières russes bon marché.

Roman Abramovitch n'est pas nouveau dans le secteur des métaux: il avait déjà regroupé divers actifs dans l'aluminium avant de les vendre à son partenaire et grand nom de l'oligarchie, OlegDeripaska. L'an passé, il a su profiter de ses liens politiques pour réussir un beau coup financier: la vente de son groupe pétrolier Sibneft à Gazprom, le géant gazier. Depuis cette vente de 13 milliards de dollars, l'oligarque dispose d'un trésor de guerre qui pourrait être réinvesti dans... l'acier.