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Ray Dalio, fondateur du leader des hedge funds, a bien anticipé le changement de cycle

Si les bourses ont baissé en 2018, la stratégie «Pure Alpha» de Bridgewater, le plus grand gérant de fonds spéculatifs, présente une performance de 14,6% en 2018. Le hedge fund du milliardaire Ray Dalio a très bien perçu le virage monétaire des banques centrales

Ray Dalio a fondé son hedge fund, Bridgewater Associates, dans son deux-pièces de New York en 1975. Il est aujourd’hui l’un des hommes les plus riches du monde, avec une fortune estimée à 18,1 milliards de dollars par le magazine Forbes. Bridgewater Associates gère maintenant 160 milliards de dollars d’actifs avec 1700 employés, ce qui en fait le leader des investissements alternatifs. Ce groupe américain, basé à Westport dans le Connecticut, a présenté une performance largement supérieure à la branche. La stratégie «Pure Alpha» du groupe a en effet gagné 14,6%, selon l’agence Bloomberg qui dit détenir les documents qui en témoignent.

Si les hedge funds sont réputés pour leur comportement à court terme, le rendement annuel net de la «Pure Alpha Strategy» serait de 12% depuis 1991. Cette dernière stratégie appartient à la catégorie «global macro», une branche des hedge funds qui ne se limite pas à une catégorie de titres, comme les actions, mais qui tente de profiter de toutes les opportunités possibles sur tous les marchés.

Année difficile pour les hedge funds

Les avoirs de Ray Dalio se sont sans doute encore accrus l’an dernier même si l’industrie des hedge funds a souffert. Les hedge funds, un marché de 3000 milliards de dollars, ont enregistré une performance négative de 6,7% l’an dernier selon l’indice HFRX. Et plusieurs stars de cette industrie ont fermé quelques-uns de leurs fonds. Le gérant genevois Philippe Jabre a par exemple fermé trois fonds qu’il supervisait personnellement.

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La performance de «Pure Alpha» en 2018 succède à un exercice 2017 qui s’était nettement moins bien passé puisque le rendement n’avait pas dépassé 1,2%, selon le Financial Times.

Dans une interview au quotidien saumon de la City, Bob Prince, le directeur des investissements du hedge fund, révélait son attitude de prudence sur les marchés au cours de l’automne dernier. De l’avis de ce stratège, la politique monétaire des banques centrales en est «à un point d’inflexion». Dans l’interview, il notait l’existence de «beaucoup d’optimisme dans les perspectives bénéficiaires des entreprises». Il avertissait que l’expansion de l’économie était en train de passer de «forte à médiocre».

Changement de tendance selon Ray Dalio

Dans un «post» sur LinkedIn, à la fin de décembre 2018, Ray Dalio estimait que les marchés demeureraient «rocky» (volatils) ces prochains mois, même si les bénéfices et l’économie restaient «sains». Il ajoutait: «Nous sommes dans une situation classique de fin de cycle, caractérisée par une hausse significative des bénéfices et une forte croissance économique, accompagnées par une baisse des cours de bourse.» Avant de conclure: «C’est à ce moment précis que se produisent des événements que la plupart des gens pensent ne jamais pouvoir se produire.»

Ray Dalio ne se contente pas de gérer des fonds pour les professionnels de l’investissement. Le milliardaire, fils d’un saxophoniste, connaît la musique des marchés et tente d’en faire profiter les épargnants. L’an dernier, il a publié A Template For Understanding Big Debt Crises. Il propose également quelques règles à suivre par le grand public. Sa formule tient en trois pas: décidez combien vous devez épargner pour être à l’abri en cas de problème; créez un portefeuille diversifié en actions, obligations et matières premières; enfin tirez les leçons des cycles boursiers à long terme.

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Certes Bridgewater n’a sans doute pas présenté la meilleure performance de l’année. Bloomberg cite par exemple SoMa Equity Partners, avec un rendement de 20% en 2018. Il s’agit d’un fonds qui prend des positions tant à l’achat qu’à la vente dans les actions (long/short equity), avec 1,2 milliard de dollars d’actifs. Ses gérants ont investi dans des petites valeurs technologiques, notamment dans les logiciels avant de se tourner vers des groupes plus défensifs avant la baisse du deuxième semestre.

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