Gestion

Du réal brésilien à la realpolitik

Sujet parfois considéré comme tabou, les Brésiliens peuvent bel et bien investir à l’étranger de manière transparente et légale

Le Brésil est connu pour avoir exporté beaucoup de choses, de la samba au football, en passant par la mythique plage de Copacabana. Aujourd’hui, c’est le réal brésilien qui tient la vedette. En raison de l’effondrement de la devise, d’une instabilité économique et politique grandissante ainsi que d’une inflation et des taux d’intérêt historiquement bas, la richesse des Brésiliens fortunés a tendance à s’exporter de plus en plus.

Le Brésil a connu une période d’hyperinflation de quatorze ans, avec des taux d’inflation annuels de trois à quatre chiffres, qui a pris fin en 1994 avec l’introduction du Plan Real. Depuis, l’économie brésilienne a encore évolué. La banque centrale du Brésil vient de voter à l’unanimité, comme attendu, une réduction de 50 points de base de son taux directeur Selic (impôt de base sur les taux d’intérêt défini par le gouvernement) à 5,50% lors de sa réunion en septembre dernier. Les analystes s’accordent sur le fait que de nouvelles réductions sont à attendre en décembre.

Avec des taux d’intérêt historiquement bas, les investisseurs se rendent finalement compte que l’époque des rendements élevés, générés par des instruments à revenu fixe traditionnels, est révolue. Ils doivent désormais s’orienter vers des solutions alternatives. Ainsi, en septembre dernier, le nombre d’investisseurs privés sur le marché boursier brésilien a atteint un nouveau sommet avec 1,4 million d’investisseurs.

L’investissement à l’étranger gagne en popularité

La prochaine étape naturelle consiste à explorer les possibilités d’investissement à l’étranger car celles-ci peuvent apporter de nombreux avantages. Ainsi, il n’est pas rare de voir des investisseurs fortunés détenir entre 20 à 30% de leurs actifs à l’étranger, soit environ le double du pourcentage d’il y a cinq ou dix ans.

Il est donc légal pour les Brésiliens d’investir à l’étranger conformément à la réglementation en vigueur. La Comissão de Valores Mobiliários, l’équivalent de la Securities and Exchange Commission du pays, a d’ailleurs adopté avec succès de nouvelles règles qui permettent aux investisseurs fortunés d’investir davantage en dehors du pays. A titre d’exemple, les Brésiliens qui investissent à l’étranger par l’intermédiaire de structures PIC (Professional Investment Company) peuvent désormais reporter les impôts liés à ces investissements.

Autre avantage, investir dans des devises étrangères fortes, par exemple en dollars américains, peut servir de couverture et donc de protection contre l’inflation locale et les fluctuations des taux de change. En outre, la diversification géographique limite le risque pays et permet de réduire le risque sans sacrifier les rendements à long terme.

Simplification et réduction des coûts

Un objectif de préservation de la richesse peut également être atteint grâce à des investissements à l’étranger. En effet, des portefeuilles diversifiés exposés à des marchés plus développés et à des devises fortes peuvent aider les familles à préserver leur patrimoine pour les générations futures.

Finalement, détenir des comptes bancaires à l’étranger peut simplifier et réduire les coûts lors de voyages internationaux et permettre également de soutenir l’investissement dans des actifs immobiliers à l’étranger grâce à un accès plus facile et moins cher aux hypothèques et autres titres de créance.

Dans un environnement mondial confronté à des taux d’intérêt très bas, le Brésil devrait célébrer sa nouvelle réalité comme un signe de maturité économique et d’une croissance possible. Quant aux investisseurs, seul le temps leur dira à quelle vitesse ils s’adaptent, mais plus tôt ils réaliseront que l’investissement à l’étranger est une stratégie légale, éprouvée et nécessaire, mieux ils s’en porteront à long terme.

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