Le nombre et le volume des fusions et acquisitions au 4e trimestre 2010 a été le plus élevé en Suisse depuis le dernier trimestre 2008. Le nombre des transactions a presque doublé par rapport à octobre-décembre 2009, et son volume a augmenté de 140%.

Dans son étude trimestrielle sur le sujet publiée vendredi, le cabinet d’audit et conseil Ernst&Young (E&Y) prévoit que «2011 sera beaucoup plus favorable que 2010 en termes de fusions et acquisitions en Suisse, les entreprises du monde entier ayant retrouvé leur appétit pour ces opérations».

Les experts du secteur ne prévoient toutefois pas que les niveaux d’avant la crise financière seront atteints cette année. En majorité, ils ne voient un retour éventuel à ces niveaux qu’en 2012, voire 2013.

Pour la Suisse, et compte tenu de la prévision de croissance du produit intérieur brut (PIB) de 1,5% articulée par le Secrétariat à l’économie (SECO) en décembre, Jürg Stucker, le responsable du secteur fusions et acquisitions chez E&Y Suisse pense que ces activités «devraient rester solides, dans la continuité du 4e trimestre 2010».

«Les sociétés nationales profiteront peut-être aussi de la fermeté du franc, entraînant une hausse du flux des transactions sortant, alors que le flux entrant risque d’en pâtir», relève encore Jürg Stucker.

Novartis se distingue

Au dernier trimestre 2010, la transaction la plus importante a été l’annonce de la fusion Novartis-Alcon, avec le rachat par le géant pharma bâlois pour 11,8 milliards de dollars (montant à l’époque sensiblement identique en francs) des 23% du groupe ophtalmologique américain qu’il ne détenait pas encore, après avoir acquis la part majoritaire détenue jusque-là par Nestlé.

Le groupe technologique ABB a de son côté annoncé en novembre l’acquisition de l’américain Baldor pour 4,1 milliards de dollars.

Selon les chiffres publiés il y a dix jours par le cabinet d’audit et conseil KPMG, le nombre de fusions et acquisitions pour l’ensemble de 2010 s’est inscrit à 262, pour un volume total de 87,6 milliards de dollars. Novartis y a contribué pour 41,2 milliards à elle toute seule, avait relevé KPMG.