Prise en étau entre la force du franc et l’atonie conjoncturelle européenne, l’industrie suisse d’exportation peine toujours à rebondir. Difficile d’ailleurs de se faire une image précise vu que les chiffres et les projections restent assez contradictoires. Du côté des signaux encourageants, l’Office fédéral de la statistique (OFS) note que la production industrielle a augmenté de 3% et les chiffres d’affaires de 3,7% au premier trimestre. Les entrées de commandes se sont elles accrues de 0,6% tandis que le portefeuille de commandes a enregistré une baisse de 5,2%. Sur les 14 branches passées au crible, quatre affichent des chiffres rouges.

Trou d’air allemand

De son côté, Swissmem constate que les impulsions de croissance espérées ne sont pas au rendez-vous. D’après Philippe Cordonier, responsable de la communication pour la Suisse romande auprès de l’association de l’industrie des machines, des équipements électriques et des métaux suisse (industrie MEM), «la situation reste difficile, avec des perspectives qui ne se sont pas vraiment éclaircies».

Surtout que le secteur secondaire allemand, principal partenaire de la Suisse, stagne. La production industrielle du puissant voisin a même reculé de 1% en mai sur un mois, selon les chiffres publiés en début de semaine par le ministère de l’Economie. En mai, les exportations globales de la Suisse se sont effritées de 1%. Sur les cinq premiers mois de l’année, la baisse s’inscrit même à 3,1%.