Comment faire pour réduire le poids de la facture des médicaments sur les coûts de la santé? Le plus logique consiste à résolument favoriser le recours aux préparations génériques, en moyenne 30% plus avantageuses que les produits originaux, et à accentuer la pression sur ce marché en laissant jouer la concurrence entre fabricants de médicaments génériques. Or Pascal Couchepin, contrairement à ce qu’il affirme, arrive avec ses gros souliers et déstabilise le secteur des génériques par des règles complexes de fixation de prix comparatifs. Soucieux de préserver le système des brevets même au-delà de leur expiration, le ministre de la santé introduit, pour les génériques, trois paliers de prix réglementés selon le volume des chiffres d’affaires.

La part de marché des génériques stagne depuis plus de deux ans autour de 11%, et surtout le taux de substitution d’un produit original par un produit générique se maintient à moins de 60%. Les mesures annoncées vont fragiliser ce secteur et perturber la concurrence synonyme de baisse des prix. Il aurait suffi de décréter l’obligation faite au médecin de prescrire un générique pour économiser, par cette seule mesure, plus de 200 millions de francs sans douleur pour les partenaires du système de santé. Avec les mesures proposées aujourd’hui, comme l’extension de la comparaison européenne des prix pour les médicaments brevetés et la révision plus serrée des prix des médicaments innovants, le cap de 400 millions d’économies annoncé aurait alors été largement dépassé.