«La thèse du découplage économique entre les Etats-Unis et le reste du monde est un leurre», estime Edouard Crestin-Billet, stratégiste auprès du banquier privé Mirabaud. L'Europe ne sera pas épargnée par la récession américaine, les indicateurs avancés le montrent d'ailleurs déjà, a-t-il souligné lors d'une présentation mardi à Genève. Quant aux pays émergents, «leur expansion va ralentir au cours des prochains trimestres».

Baisse des taux

Avec une telle toile de fond, le stratégiste ne peut que tabler sur une poursuite de la détente sur le front des taux. D'autant que les ménages américains vont commencer à se désendetter, ce qui aura pour effet de réduire les dépenses de consommation de manière durable. Or celles-ci représentent plus de deux tiers du produit intérieur brut américain.

Selon les calculs de Mirabaud, la Réserve fédérale américaine, qui doit gérer un risque systémique «toujours bien présent», va diminuer encore le taux des «Fed Funds» d'un demi-point d'ici à la fin de l'année, à 1,5%. La Banque centrale européenne (BCE) et la Banque nationale suisse (BNS) procéderont à des coupes semblables, ramenant leurs taux de référence à respectivement 3,5 et 2,25%.

La bonne nouvelle, c'est qu'une telle politique monétaire est possible sans provoquer de dérapage incontrôlé sur le front de l'inflation, soutient Edouard Crestin-Billet. Les prix de matières premières, pétrole en tête, devraient en effet diminuer. Il s'agit là d'une observation historique: toute phase de ralentissement conjoncturel conduit à un reflux des cours de ces actifs, note l'expert. Ce sera une nouvelle fois le cas ces prochains mois.

Ce scénario plutôt pessimiste ne devrait pas conduire à une nouvelle chute des marchés financiers. «Pour les actions, les trois quarts de la baisse ont déjà été effectués, si l'on part du principe qu'un cycle de correction affiche un creux de 20 à 30% par rapport au plus récent pic», explique Edouard Crestin-Billet. Dans les obligations, les emprunts d'entreprises présentent des opportunités. Quant aux changes, le stratégiste prévoit un raffermissement du dollar et du franc dans les prochains mois.

Fonds de hedge funds

Côté investissements alternatifs, il faut privilégier les fonds de hedge funds, préconise Johan Olson, responsable des relations avec les investisseurs. Dans la période de turbulences actuelles, ce type de placement permet de limiter fortement les pertes et d'envisager à nouveau de solides performances dès qu'un rebond interviendra.