A l’heure des perspectives économiques pour 2012, une question revient sans cesse au centre des discussions: les économies développées – zone euro et Etats-Unis en tête – vont-elles retomber en récession? Pour Fabrizio Quirighetti, chef économiste de la banque Syz & Co, l’environnement ­actuel n’est pas favorable aux pronostics. «La tournure des événements dépend aujourd’hui totalement des décisions politiques, explique-t-il. Or, comme il est impossible de savoir ce que les dirigeants nous réservent, les prévisions macroéconomiques valent bien peu de chose.» Toutefois, selon lui, il faut craindre davantage une déflation à la japonaise qu’une récession économique classique.

Fin d’un cycle économique

Du côté de l’Union Bancaire Privée (UBP), les anticipations pour l’année à venir sont plus moroses. Ainsi, Patrice Gautry, chef économiste de l’établissement genevois, s’attend à voir une nouvelle récession frapper l’Europe tandis que les Etats-Unis devront faire face à un début d’année difficile. «La période actuelle marque la fin d’un cycle économique, souligne-t-il. Alors que la croissance du monde occidental était suffisamment forte pour compenser l’endettement excessif qui la stimulait, le diagnostic actuel est sans appel: l’endettement – qu’il soit public ou privé – doit être réduit.» Selon lui, 2012 sera donc une année de transition qui verra le désendettement peser sur la croissance mondiale.

Un risque d’inflation

L’analyse est la même chez BNP Paribas (Suisse). «Le ciel restera couvert en 2012», prévient Roger Keller. Concernant la Suisse, «les perspectives se sont toutefois améliorées avec l’affaiblissement de franc, relève le responsable du conseil en placement au sein de BNP Paribas Wealth Management à Genève. Le pays peut en outre profiter d’une économie très diversifiée avec des débouchés importants pour les exportations auprès des pays émergents». Pour Patrice Gautry, de l’UBP, «les politiques monétaires nécessairement accommodantes poursuivies ces derniers mois par les banques centrales – et notamment la BNS qui a injecté des liquidités dans l’économie et dont le bilan se monte désormais à 60% du PIB – pourraient cependant créer, à terme, un risque d’envolée de l’inflation dans l’économie».

Dans ce contexte peu réjouissant, le salut peut-il encore venir des marchés émergents? Si la croissance de la Chine, particulièrement, devrait continuer à tirer la croissance mondiale en 2012, tous les économistes s’accordent à dire que le risque vient plutôt d’un ralentissement économique des pays développés qui, lui, pourrait bien enrayer la machine chinoise.