Un nouveau plan de relance en Chine, comme en 2008? En cette fin de semaine, la question se pose avec insistance à la lumière de quelques nouvelles qui confirment les signes de ralentissement de l’économie chinoise. Selon des chiffres publiés vendredi, les exportations ont augmenté en juillet de 1% en rythme annuel, mais sont largement inférieures aux attentes des analystes. Ces derniers tablaient sur une hausse de 8%. Principale cause: la chute de la demande en Europe, première destination des exportations chinoises. En même temps, les importations ont progressé de 4,7%. Résultat, l’excédent commercial reste solide, à 25,1 milliards de dollars. Il a néanmoins enregistré un fort repli par rapport aux 31,7 milliards enregistrés en juin.

Efficacité à court terme

Jeudi, Pékin a confirmé la hausse de la production industrielle en juillet de 9,2% en rythme annuel. Mais il s’agissait de la plus faible en trois ans. Par ailleurs, selon la Banque centrale chinoise, les prêts ont baissé en juillet à 540 milliards de yuans (85 milliards de dollars), contre 919 milliards en juin. Le mois dernier, les autorités ont confirmé une décélération de la croissance à 7,6% au deuxième trimestre, sa pire performance depuis le début de la crise en 2008-09.

Face à la perte de vitesse, plusieurs analystes affirment que le gouvernement chinois ne pourra pas rester les bras croisés pendant longtemps. Ils avancent que les mesures prises l’an dernier et au début 2012 n’ont pas donné les résultats escomptés. Ils parient que Pékin sera bientôt appelé à donner de nouvelles impulsions à l’économie. «La probabilité que de nouvelles mesures incitatives soient prises est de plus en plus grande, explique un analyste de la Bank of America (Hongkong), cité par Bloomberg. La banque centrale pourrait encore baisser le taux d’intérêt directeur. Elle pourrait aussi baisser le niveau de réserves obligatoires que les banques doivent maintenir.» The Guardian de vendredi cite un économiste, selon lequel il n’y a pas de doutes sur de nouvelles mesures de relance, mais plutôt sur leur efficacité à court terme.

Eviter la surchauffe

Entrepreneur et patron de China Integrated (CH-ina), entreprise de conseil aux entreprises suisses présentes en Chine, Nicolas Musy est moins alarmiste. «Il est intéressant de voir que la baisse des exportations chinoises en Europe est compensée par de nouveaux clients dans les pays émergents», fait-il remarquer au téléphone depuis Shanghai. Selon lui, il n’y a pas de raison de prendre de nouvelles mesures de façon précipitée. En effet, les investissements massifs dans les infrastructures se poursuivent tant dans les villes que dans les régions rurales.

L’homme d’affaires suisse estime par ailleurs que la Banque centrale chinoise dispose d’une large marge de manœuvre pour ajuster sa politique monétaire et fiscale du fait que l’inflation semble maîtrisée. Selon des chiffres publiés jeudi, elle a atteint un taux de 1,8% en juillet en rythme annuel, son plus bas niveau depuis janvier 2010. Pour Nicolas Musy, Pékin n’est nullement acculé par la conjoncture. Les autorités ont publiquement visé une croissance autour de 8% en 2012. «Cet objectif est maintenu. Il sera vraisemblablement atteint et correspond au vœu de Pékin d’éviter la surchauffe de l’économie chinoise», explique-t-il.