La Secrétariat d’Etat à l’économie revoit en nette baisse ses prévisions pour 2009. Le département de Doris Leuthard s’attend désormais à un recul de 2,2% du PIB, alors qu’en décembre encore, il prévoyait une contraction de 0,8% seulement. Il entrevoit une stabilisation du PIB à l’horizon 2010, avec 0,1% de hausse, au lieu du 1% qu’il prévoyait jusqu’ici.

Ces estimations sont dans le bas de la fourchette de ce que la Banque nationale a publié la semaine passée. Tout en annonçant des mesures de relance monétaire exceptionnelles, la BNS avait dit prévoir un recul du PIB entre 2 et 3%. Elle a déjà entrepris d’intervenir sur le marché des changes, ce qui a provoqué une chute du franc face à l’euro. Ces six derniers mois, le franc s’était apprécié de 8% face à la monnaie unique.

Depuis l’automne, le secteur des exportations, dont la Suisse est très dépendante, souffre doublement de la contraction des échanges mondiaux et de l’appréciation du franc. Fin 2008, la Suisse est officiellement entrée en récession, avec un recul trimestriel de 0,3% du PIB, dans le sillage des grands pays industrialisés. Dans la zone euro, le principal partenaire commercial de la Suisse, les dépenses des consommateurs et les investissements ont subi leur plus fort recul en 13 ans.

Les deux premiers mois de 2009 n’ont fait que confirmer cette chute de l’activité économique. Le SECO s’attend à un recul de 8,1% des exportations cette année, et une chute de 10% des investissements.

Quant au chômage, son taux pourrait atteindre 3,8% cette année, et poursuivre sa progression jusqu’à 5,2% en 2010, un niveau proche du pic de 1997. Dans ses dernières estimations, le SECO tablait sur 3,4% de chômeurs cette année et 4,3% en 2010.