La concurrence entre régions ne se limite pas à l'Europe. Michael Entzeroth, président de l'association BioSingapore, axée sur les sciences de la vie, fait part de son expérience. Il estime que «Singapour est parvenu à se distinguer grâce à son système politique très stable et à une stratégie de développement orientée sur le long terme». Le pays a misé sur l'électronique dans les années 1980, puis sur les raffineries dès le milieu des années 1990 et s'est diversifié dans les sciences de la vie durant la dernière décennie.

Le pays, qui compte un million de travailleurs étrangers pour 4,4 millions d'habitants, sait se rendre attrayant en proposant suffisamment d'écoles aux expatriés et grâce à sa fiscalité faible. Quelle leçon tirer du succès de la ville-Etat? «Les programmes à court terme ne servent à rien. Seul l'engagement à long terme est payant. Car pour les entreprises qui cherchent à s'implanter, un horizon de 10 à 15 ans est nécessaire pour rentabiliser un investissement», estime l'Allemand émigré à Singapour. Et d'ajouter: «La Suisse dispose de bonnes conditions-cadres pour mettre en place de telles stratégies.»