Appât

Recherche banquier expérimenté contre «salaire mirobolant»

Un recruteur belge fait miroiter aux candidats des offres défiant les lois de la rémunération. Suite aux critiques, l’intitulé de l’un des postes ouvert à Genève a été modifié

Un chasseur de têtes se révèle à son audace. A condition de proprement la doser. La mesure tient à elle seule dans l’offre d’emploi suivante: «Salaire mirobolant pour un banquier privé d’exception». Cette annonce, publiée mi-avril notamment sur le marché genevois, ne lésine pas sur la formulation. Adossée à un festival d’arguments choc comme «un poste sans limite», au sein d’une «société en constante croissance» mais «à taille humaine», avec des «produits à fort potentiel de rentabilité», elle est signée Blake & Partners, une agence de recrutement belge, spécialisée notamment dans les profils bancaires.

Le job rêvé? Le libellé du poste, bien que sévèrement alléchant, n’a pas fait mouche. Suite à la polémique des bonus du Credit Suisse, il a même choqué les milieux professionnels concernés. Son auteur, qui dit avoir longtemps travaillé au Luxembourg, évoque des «codes marketing plus agressifs» dans le Grand-Duché pour justifier son énoncé. Il reconnaît avoir manqué de «suisse attitude».

Poudre aux yeux

Bilan: Blake & Partners a dernièrement adapté sa formulation. Lui préférant l’intitulé «Banquier privé pour une société ambitieuse et stable». Certains passages de l’annonce ont également été rabotés: de 250 000 francs, le salaire a été ramené à maximum 150 000. En revanche, le bonus a été plafonné à 50%, contre auparavant 40%. Logique? Dans la gestion privée, les parts fixes et variables de la rémunération sont fonction de la «qualité» d’un portefeuille et des avoirs qui le composent. C’est-à-dire des conditions et de leur rythme de transfert d’un établissement à un autre. Ainsi que de leur rentabilité, clé de toute négociation.

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