A Genève, 1800 jeunes entre 16 et 25 ans sont inscrits au chômage. La moitié d'entre eux n'a aucune formation professionnelle ou a arrêté sa scolarité obligatoire. «Mais les jeunes en difficulté sont plus nombreux encore, si l'on ajoute ceux inscrits à l'Hospice général et ceux qui ne sont inscrits nulle part. Cette situation critique est le point de départ de notre projet de mentorat», explique Christian Lopez, le directeur de l'Œuvre suisse d'entraide ouvrière (OSEO) Genève.

Le programme de l'OSEO s'inscrit dans le cadre d'un nouveau semestre de motivation («semo»). Il a été présenté le 15 novembre à la Cité des métiers et des formations, à Genève. Au même endroit, deux jours plus tôt, à l'issue de la Conférence nationale sur les places d'apprentissage, la conseillère fédérale Doris Leuthard annonçait de nouvelles mesures pour soutenir les jeunes en difficulté scolaire et professionnelle. L'une d'elles est justement la prise en charge particulière des jeunes à risque par des coachs. Cela dès la 9e année scolaire, précédé d'un suivi dès la 7e.

En attendant la concrétisation de cette idée, «nous avons pris les devants», sourit Christian Lopez. Le programme de l'OSEO Genève va démarrer début 2007. L'OSEO cherche donc, pour soutenir les jeunes, entre 30 et 40 adultes volontaires et bénévoles, issus de tous les domaines professionnels. «Des personnes en emploi ou à la retraite qui ont envie de transmettre et de transférer leur expérience de vie et leur vécu professionnel», indique le directeur de l'OSEO. Expérience de vie? «Nous sommes tous, un jour ou l'autre, passés par des périodes de doute ou de difficulté. Lorsque l'on sait ce que c'est, on peut être utile au niveau de l'écoute et du conseil», ajoute-t-il.

Précision: le mentor n'est ni un tuteur, ni un prof, ni un surveillant. Il va écouter son protégé, discuter avec lui. Il va lui redonner des repères. Il va aussi ouvrir son réseau professionnel et montrer aux jeunes, qui manquent souvent de contacts dans le monde du travail, comment monter petit à petit son réseau. «Il est important pour ces jeunes d'avoir un adulte qui puisse être une référence», souligne Christian Lopez. Le nouveau mentor recevra une formation brève portant sur l'écoute active et des notions de psychologie, notamment.

Avant de se lancer, l'OSEO a mené une enquête pour cerner les besoins et, parmi les jeunes qu'elle a interrogés, «la moitié reproduisent des situations d'exclusion sociale. La moitié d'entre eux ont en effet un parent à l'AI, à l'aide sociale ou au chômage», explique Christian Lopez. Ainsi, si certains jeunes sont prêts à entrer en formation, d'autres veulent travailler immédiatement pour apporter une aide financière à leur famille.

Le projet genevois s'inspire d'expériences canadiennes, qui ont donné de bons résultats, selon le directeur de l'OSEO qui a visité plusieurs programmes au Québec.

Renseignements: 022/716 59 00 et sur le site: http://www.oseo-ge.ch (inscription en ligne)