Succession

A la recherche du nouveau gardien du taux plancher

La Banque nationale doit nommer un remplaçant pour Jean-Pierre Danthine. Ce devrait être un Romand, mais des Tessinois sont également cités

A la recherche du nouveau gardien du taux plancher

Succession La Banque nationale doit nommer un remplaçant pour Jean-Pierre Danthine

Ce devrait être un Romand, mais des Tessinois sont également cités

La seule femme en lice, à notre connaissance, pour entrer au directoire de la Banque nationale suisse (BNS) a préféré se retirer. Professeure à l’Université de Genève, Rajna Gibson était l’une des options favorites de la BNS. Elle a décliné: «J’ai décidé de retirer ma candidature, explique-t-elle. C’est un renoncement, mais j’avais envie de poursuivre ma carrière académique.»

Pour remplacer Jean-Pierre Danthine, actuel numéro 2 de l’institution, qui prendra sa retraite à la fin du mois de juin prochain, une série d’autres noms circulent. Responsable du département d’économie de l’Université de Lausanne– où Jean-Pierre Danthine officiait également avant d’être appelé à la BNS –, Philippe Bacchetta est décrit comme l’un des favoris. Il dit y réfléchir, «car la situation n’est pas noire ou blanche. Les deux missions sont fascinantes. D’un côté, la recherche académique est passionnante et, de l’autre, la BNS est très importante.» Il a également été directeur du Centre d’études de Gerzensee – une fondation de la BNS – pendant dix ans et a obtenu son doctorat à l’Université de Harvard.

Pourtant, le choix pourrait aussi se porter sur un Tessinois, souligne Sergio Rossi, professeur d’économie à l’Université de Fribourg, de manière à renforcer la cohésion nationale. Il souligne que la BNS n’a plus compté de responsable tessinois depuis 1966 au sein de son directoire. En réalité, il n’y en a même eu qu’un seul depuis la création de l’institution en 1907.

Dans ce cadre, deux noms sont cités pour reprendre le département consacré notamment à la gestion du taux plancher entre l’euro et le franc. Tous deux parlent d’ailleurs également français. Le premier est un universitaire. Angelo Ranaldo est professeur de finance et de risque systémique à l’Université de Saint-Gall depuis avril 2012. Il fait également partie du conseil du Swiss Finance Institute. Avant de s’installer à Saint-Gall, il a été conseiller économique et membre de la direction de la BNS. Ce n’est pas son seul passage dans une banque centrale. Pendant deux mois, en 2008, il a été «visiting senior economist» à la Réserve fédérale de New York. Contrairement à beaucoup d’autres candidats, il dispose aussi d’une expérience dans la finance, d’abord comme économiste pour Cornèr Bank, puis, en tant que directeur associé, dans le département de gestion d’actifs d’UBS. Contacté, Angelo Ranaldo a préféré ne pas s’exprimer.

Second italophone mentionné, Attilio Zanetti, responsable de l’analyse économique à la BNS, n’a pas non plus réagi. Il y est entré en 1994 et ne l’a plus quittée depuis, si ce n’est pour enseigner à l’Université de Bâle. Son parcours académique et au sein de la BNS en fait un candidat jugé crédible. «A cette fonction, il prépare les décisions de politique monétaire pour le directoire», souligne Sergio Rossi. Autre interne dont le nom aurait été suggéré, Bertrand Rime officie comme directeur de la stabilité financière à la BNS. Il est également professeur associé à l’Université de Neuchâtel. Michel Juvet, associé de Bordier & Cie, et Milad Zarin-Nejadan, professeur à l’Université de Neuchâtel, ont été mentionnés par L’Hebdo .

D’autres noms circulent. Comme celui de Cédric Tille. Contacté par Le Temps, il dit ne pas être candidat. Professeur à la HEID, il est déjà membre du conseil de banque de la BNS et membre du conseil de nomination.

La décision doit généralement être communiquée quatre mois avant le départ de la personne à remplacer. D’après Sergio Rossi, le conseil de nomination devrait avoir jeté son dévolu sur un candidat d’ici à la fin du mois. Il le proposera au conseil de banque, puis au Conseil fédéral. Si bien que «les jeux seront faits d’ici à la fin de l’année, même si le choix ne sera probablement annoncé qu’au début de l’année prochaine», prévoit le professeur fribourgeois.

Sollicitée sur ce point, la BNS n’a pas voulu s’exprimer. «Le processus de nomination est très confidentiel, qu’il s’agisse des candidats potentiels ou du calendrier» de la nomination, a expliqué un porte-parole.

Il n’y a eu qu’un seul italophone dans le directoire de la BNS depuis sa création en 1907

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