C’est la première décision majeure d’un homme peu connu, pourtant à la tête de l’une des plus grandes sociétés high-tech américaine. Directeur d’IBM depuis avril, Arvind Krishna a annoncé lundi soir une décision qui aura des conséquences pour tous ses concurrents: l’abandon de tout projet lié à la reconnaissance faciale. Citant des risques trop élevés, le directeur d’IBM laisse ainsi le champ libre sur le marché occidental à Amazon, dont le logiciel Rekognition, utilisé par plusieurs polices américaines, fait débat.

Dans une lettre adressée à plusieurs parlementaires américains, Arvind Krishna affirme qu’il veut tirer un trait clair sur le passé de sa société. «IBM s’oppose fermement et ne tolérera pas l’utilisation de toute technologie, y compris la technologie de reconnaissance faciale proposée par d’autres fournisseurs, à des fins de surveillance de masse, de profilage racial, de violation des droits de l’homme et des libertés fondamentales, ou à toute autre fin qui ne serait pas conforme à nos valeurs et à nos principes», écrit le directeur de la société basée à New York. Selon lui, «il est temps d’entamer un dialogue national sur la question de savoir si et comment la technologie de reconnaissance faciale doit être utilisée par les services répressifs nationaux».