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INTERNET

Le recrutement "on line" démarre timidement en Suisse

Même si elle concerne principalement les informaticiens, l'embauche par Internet se développe en Suisse. Les professionnels de l'emploi, comme Adecco, DBM ou Denzler & Partner, utilisent déjà le Net pour pourvoir des postes.

Cela fait maintenant près de trois ans que Hewlett-Packard-Suisse diffuse ses offres d'emploi sur son site Internet. Un mode de recrutement généralisé pour l'entreprise, située à Genève, qui emploie quelque 1000 personnes en Suisse. "Tous les postes, excepté peut-être les très hautes fonctions directoriales, ont l'obligation d'être affichés sur le Net" explique Patrick Bertholen, de la direction des ressources humaines. Pour ce dernier, l'avantage de ce nouvel outil est certain. En effet, c'est également à Genève que se trouve le siège européen de Hewlett-Packard et Internet représente à cet effet un moyen de communication idéal, permettant d'élargir au maximum le champ de recherche des candidats. Car certaines offres privilégient les compétences au lieu géographique où travaillera le futur employé. "De plus en plus de postes peuvent être basés dans n'importe quel pays, ajoute Patrick Bertholen. Par exemple un ingénieur peut très bien travailler en Allemagne, alors que son chef direct se trouve à Paris." Même si Hewlett-Packard utilise

Parfois, mettre une annonce sur Internet équivaut à jeter une bouteille à la mer!

couramment le Net pour rechercher des candidats, c'est avant tout au sein même de l'entreprise qu'elle recrute. Les places vacantes sont d'abord proposées sur le site interne de la firme. Elle recrute donc relativement peu, mais reçoit d'ores et déjà quelques centaines d'offres spontanées sur e-mail chaque mois. Cela signifie-t-il que le recrutement par les voies traditionnelles est désormais terminé? Les cordonniers de l'informatique, comme Hewlett-Packard, sont bien sûr les mieux chaussés. Mais ce dernier continue toutefois à recruter "à l'ancienne". "Si le poste est plus local ou s'adresse dans une moindre mesure à un spécialiste, nous passons une annonce dans la presse", commente Patrick Bertholen. La nature de l'emploi et le niveau de compétences restent donc encore déterminants: l'informatique reste le principal secteur où l'on recrute par le Net. Pour les sociétés actives dans les autres domaines, la possibilité d'envoyer son CV ou une lettre de candidature on line reste encore aléatoire. Les grandes entreprises, comme Nestlé, Philip Morris ou encore L'Oréal, disposent bien sûr de leur site Web, mais la majorité d'entre elles n'utilisent pas encore ce média pour leur ressources humaines.

Si le cybermarché de l'emploi se développe en Suisse, il ne fait aujourd'hui pas que des émules. Notamment les sites, de plus en plus nombreux, qui se définissent comme des plates-formes mariant l'offre et la demande alors qu'elles se contentent de compiler les offres parues dans la presse. Et parfois, mettre une annonce sur Internet équivaut à jeter une bouteille à la mer! Comme ce magasin de vente et réparation de matériel informatique, PC Schop à Corcelles (NE), qui a passé il y a quelques semaines deux offres d'emploi sur un site de petites annonces.

La PME n'a pas reçu plus de trois réponses! Ainsi, les avis divergent sur l'efficacité et le succès de la recherche d'emploi par Internet. Mais ce ne sont pas les professionnels de ce marché qui sont forcément les plus sceptiques. Au contraire. Adecco, DBM ou encore Denzler & Partner, un cabinet en conseil spécialisé dans la recherche de cadres, ont ouvert leurs propres sites.

A ce jour, plus de 1500 candidats et une trentaine d'entreprises sont inscrits dans le fichier Internet de Denzler & Partner. "Les agences de recrutements ont toujours reçu des candidatures spontanées. Le problème est que celles-ci sont souvent mal gérées: CV mal faits, données pas actualisées, difficulté à mettre la main sur le bon dossier... Internet représente vraiment un outil rêvé à ce niveau", explique Eric-A. Denzler, le directeur. Moyennant finance (100 francs pour une candidature et 1000 francs par année pour une société), ce site met à disposition du recruteur une panoplie de services. Les entreprises inscrites peuvent consulter des CV (anonymes), acheter un certain nombre de dossiers (avec l'autorisation des candidats) ou demander au cabinet de lui présenter quelques dossiers correspondant au profil recherché. "Contrairement à la majorité des sites concernant l'emploi, nous travaillons avec une banque de données interactives et le système est réactualisé chaque jour. Je suis persuadé que c'est dans l'interactivité que se trouve la grande force d'lnternet et que, dans cinq ans, nous ne travaillerons qu'ainsi", ajoute Eric-A. Denzler.

En Suisse romande, il n'existe, pour l'heure, pas plus d'une dizaine de ces sites "interactifs" (c'est-à-dire lorsqu'il y a un système de recherche qui permet de combiner l'offre et la demande). Parmi eux, Skillworld, qui connaît depuis sa création en octobre 1997 un franc succès: 1000 candidats ont déjà inscrit leur CV, 120 offres d'emplois sont proposées et 80 sociétés consultent le site. Contrairement à Denzler & Partner, qui travaille spécifiquement avec des cadres, Skillworld regroupe des activités et des fonctions diverses et plus de 200 candidats ont déjà été contactés par des entreprises par ce biais. "Dans les sites traditionnels, trouver le bon mot clé constitue un problème. Si les offres et les demandes ne sont pas enregistrées sous le même vocabulaire, la localisation du bon candidat ne se fait pas. Skillworld propose un langage commun aux entreprises et aux demandeurs, qui remplissent tous deux un formulaire. Le système se charge ensuite de la recherche", explique André Lang, assistant à l'Université de Lausanne et créateur du site. Gratuit, anonyme, Skillworld accueille même une dizaine d'entreprises étrangères. "S'inscrire sur le Net constitue une sorte de vitrine: être visible sur le marché de l'emploi. Le problème - qui est également un problème général d'Internet - reste le sérieux du site. Pour l'instant, il serait encore prématuré de se concentrer uniquement sur leWeb pour rechercher un poste. Cela reste un outil complémentaire", ajoute André Lang.

Les sites:jobclick.ch; curriculum.ch; humanline.ch; dbm.ch; swissjob.ch; jobindex.ch; skillworld.com; jobshop.ch; talents.ch; yourfirstjob com.

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