Tous supports confondus, les dépenses publicitaires en Suisse n'ont reculé en 2002 que de 4,8%, à 5,39 milliards de francs. Mais pour les quotidiens payants, les recettes tirées d'annonces ont baissé de 13,9%, à 1,6 milliard de francs, soit au niveau de 1996.

Présentées hier à Zurich par la Fondation statistique suisse en publicité, les données chiffrées confirment que le volume global dépensé pour la publicité a reculé en 2002, comme déjà en 2001. La publicité directe («mailing») a cependant continué à croître comme en 2001: ayant rapporté l'année passée 1,14 milliard de francs à ses distributeurs, elle s'affirme nettement comme le support numéro deux, derrière la presse écrite.

Les entreprises ont également renforcé leurs budgets consacrés aux foires et expositions, qui ont augmenté de 3,4% à 243 millions de francs. Les montants affectés à la publicité télévisée se sont aussi légèrement accrus à 527 millions, mais cette hausse n'a bénéficié qu'aux «fenêtres» helvétiques de chaînes étrangères, les TV suisses marquant un léger recul. La publicité à la radio est restée stable à 129 millions de francs, l'affichage, encore en hausse en 2001, est tombé à 571 millions. Les annonces dans les livres de téléphone et d'adresses ont, fort curieusement, augmenté de 25 millions à 181 millions de francs, alors que la publicité au cinéma a marqué un tassement de 2 millions, à 38 millions.

Effondrement

des offres d'emploi

Pour la presse écrite, la chute est générale. Elle touche les journaux gratuits, qui descendent à 263 millions de francs. Elle affecte les périodiques, qui passent à 304 millions de francs (contre 379 millions en 2000 et 346 millions en 2001), le recul étant particulièrement marqué dans les magazines économiques et financiers. Elle pèse sur les revues professionnelles spécialisées, dont les recettes baissent à 147 millions de francs (comparé à 187 millions en 2000 et 164 millions en 2001). Et elle pénalise surtout la presse quotidienne dont les revenus publicitaires, qui s'élevaient à 1,97 milliard en 2000 et à 1,86 milliard en 2000, ont décliné à 1,6 milliard en 2002. Seuls les magazines consacrés à des hobbies (musique, moto, voile) tirent leur épingle du jeu, avec une légère hausse à 232 millions de francs.

Les offres d'emploi, en étroite corrélation avec la conjoncture, se sont carrément effondrées: augmentant de 30% par an entre 1998 et 2000, reculant de 4,5% en 2001, elles ont chuté de 42,1% en 2002, à 320 millions de francs.