Pour la deuxième fois en une semaine, la banque australienne Macquarie renonce à communiquer la date de l'entrée à la Bourse suisse du MIH, un de ses fonds investi dans les infrastructures. «Je n'ai aucune information sur les raisons de cet ajournement, ni sur la date de la prochaine conférence de presse prévue initialement jeudi», explique Eflamm Mordrelle, de The Investor Relations Firm, une entreprise mandatée par la banque.

Le SMI, l'indice-phare de l'activité boursière suisse, a perdu 8,5% depuis début mai. Cette perte décourage-t-elle les acteurs financiers à investir dans une «Initial Public Offering» (IPO)? Claudio Steffenoni, directeur du Corporate Finance de KPMG, indique qu'«il faut séparer la nervosité actuelle du marché, d'une part, et les bonnes performances des entreprises suisses, de l'autre». Tout en reconnaissant que «tenter une entrée à la Bourse est un défi dans les conditions actuelles, les sociétés qui veulent faire une IPO devraient rester en état d'alerte pour ne pas manquer l'occasion quand la situation va s'améliorer».

Smart Telecom, la société basée à Pully (VD) active dans les technologies de l'information, «va lever des capitaux comme prévu au premier semestre 2007», indique un de ses fondateurs, Francis Cobbi. «C'est une longue préparation non spéculative, et les variations de la Bourse n'ont pas d'influence sur notre stratégie à long terme», dit-il. «Sauf bien sûr si la chute des Bourses est une tendance forte, à long terme, et pas seulement en Suisse.»

SR Technics ne prévoit pas non plus de revoir son calendrier. «Le plus important, c'est d'être situé sur un marché à forte croissance, et d'être soi-même bien positionné par rapport à ce dernier», soutient Marco Imboden, le porte-parole du groupe leader de la maintenance pour les avions. «Les mouvements à court terme observés récemment sur les Bourses sont peu importants si on les considère dans un contexte plus global», dit-il.

Un des plus importants producteurs mondiaux de compresseurs à piston, Burckhardt Compression, «va annoncer officiellement son IPO dans les semaines à venir», explique son directeur financier Harry Otz. Faisant anciennement partie du groupe Sulzer, ses produits sont très demandés par les grands groupes mondiaux pour comprimer, réfrigérer ou liquéfier des gaz d'hydrocarbures ou industriels.