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Le procureur genevois Marc Tappolet a été récusé dans l’affaire des trois Russes qui s’étaient partagé une centaine de millions en liquide à Genève en 2011.
© MARTIAL TREZZINI/Keystone

Justice

Récusation d’un procureur genevois chargé d’un dossier financier

Le magistrat avait ordonné par erreur la libération anticipée de 15 000 francs sur les dizaines de millions saisis à un couple de Russes soupçonné d’avoir participé au détournement de plus de 100 millions via Genève

L’affaire des trois Russes qui s’étaient partagé plus de 100 millions de dollars en liquide à Genève en 2011 connaît un nouveau soubresaut. Le procureur genevois Marc Tappolet, qui enquêtait depuis six ans sur la fraude à l’origine de ce dossier, a été récusé pour «violation grave» de ses devoirs. Son erreur: avoir ordonné par erreur la libération anticipée de 15 000 francs sur les dizaines de millions saisis à l’un des Russes et à son épouse, selon un arrêt de la Chambre pénale de recours, dont la lettre d’information Gotham City s’est fait l’écho.

109 millions de dollars détournés

Pour rappel, trois Russes et plusieurs complices avaient détourné 109 millions de dollars dans le cadre d’une fraude boursière au détriment de la banque russe Otkritie en 2011. Les fonds avaient atterri sur un compte de la banque Bordier & Cie. L’établissement avait ensuite organisé une «opération de caisse» rocambolesque, autorisant ses trois clients à se partager la somme en liquide en faisant livrer à ses guichets des palettes de billets verts par camion blindé. La banque n’avait pas été inquiétée pour cette opération inhabituelle, avait expliqué dans nos colonnes l’associé Grégoire Bordier.

Le couple visé par les saisies s’était réfugié à Tel Aviv juste avant la découverte de la fraude, en octobre 2011, laissant derrière eux une partie de leur magot: une villa à Conches acquise pour 16 millions de francs, deux Ferrari et des millions sur des comptes. Au final, la plus grande partie des 109 millions passés par Bordier & Cie a pu être restituée ou saisie.

Plainte pénale déposée

C’est dans le cadre de ces séquestres et de leur virement progressif à la banque Otkritie que Marc Tappolet a ordonné la restitution anticipée de 15 000,00 francs déposés sur un des comptes de l’épouse à l’avocat de la partie plaignante. Or l’épouse avait gagné un recours contre cette restitution qui avait, selon elle, des conséquences «très mauvaises» pour sa situation financière.

Dans un courrier, Marc Tappolet a reconnu que le transfert des fonds aux plaignants était «peut-être une erreur» et a ordonné une nouvelle fois le blocage de 15 000,00 francs. L’épouse a déposé plainte pénale contre Marc Tappolet le 13 octobre 2016 pour abus d’autorité et demandé la récusation du magistrat. La Chambre pénale de recours lui a donné raison, estimant que «les faits précités consacrent des erreurs particulièrement lourdes et répétées, et constituent des violations graves des devoirs». L’arrêt n’indique pas si l’erreur de Marc Tappolet était ou non intentionnelle. Contacté, le Ministère public genevois déclare avoir pris acte de cet arrêt.

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