Centre-ville de Nyon, à côté d’une crèche. Dans les bureaux d’Inerco Trade, une société de négoce qui emploie deux personnes, une carte de l’Ukraine et des posters de silos ornent les murs et une facture de 35 590 francs trône sur un clavier d’ordinateur. «Votre contribution radio-télévision», peut-on lire sur le document. Les gros chiffres, la PME connaît: elle œuvre dans les matières premières, un secteur où les cargaisons, de blé ou de pétrole, portent vite sur des gros volumes et des dizaines de millions de francs, mais où les marges sont minimes.

Le chiffre d’affaires d’Inerco Trade dépasse ainsi le milliard de dollars, mais ses bénéfices, non publiés, sont symboliques. Aussi quand Raymond Carballares, directeur de la société nyonnaise, reçoit en mai la note de l’Administration fédérale des contributions, il est un peu désabusé. D’autant plus qu’il avait reçu un bordereau similaire l’an dernier, qu’il a payé, et que l’an prochain une nouvelle structure tarifaire de la Confédération promet une facture de 49 925 francs aux établissements dont les ventes dépassent le milliard de francs.