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La délégation iranienne menée par le président Hassan Rohani à Rome 
© ALESSANDRO BIANCHI

Echanges

Redevenu fréquentable, l'Iran s’offre aux investisseurs

Après la fin des sanctions, la république islamique a soif de se renouveler. Son président Hassan Rohani est en Europe pour renouer avec les anciennes relations

Après une mise en quarantaine durant 36 ans, le marché iranien, 79 millions d’habitants, est à prendre. C’est le président Hassan Rohani en personne qui est venu l’offrir cette semaine aux entreprises européennes. Deux semaines après la levée de l’embargo, il conduit une imposante délégation de 140 hommes d’affaires iraniens dans une mission pour rétablir formellement les relations économiques avec l’Europe.

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Lors de son passage lundi et mardi en Italie, la délégation iranienne a signé des contrats à hauteur de 17 milliards d’euros et négocié 17 accords préliminaires. A elle seule, la société Saipem en a paraphé pour 3,5 milliards dans le pétrole et le gaz. «Ce n’est que le début», s’est réjoui mardi le premier ministre italien Matteo Renzi à l’issue d’une rencontre avec le dirigeant iranien, ajoutant qu’il comptait se rendre très prochainement à Téhéran. Alitalia était la seule compagnie occidentale à maintenir les liens aériens entre l’Iran et l’Europe pendant la période des sanctions.

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Le retour d'Airbus dans le ciel iranien après 36 ans

Mais le grand jeu démarre ce jeudi à Paris. Selon diverses déclarations faites le week-end dernier par le ministre iranien des Transports Abbas Akhoundi, l’Iran va poser les premiers jalons pour acquérir 114 Airbus. «Nous avons besoin de 400 avions long et moyen courrier et 100 avions courts courrier», avait ajouté le ministre. Les avions de deux compagnies nationales d’Iran Air et de Mahan Air ont une moyenne d’âge environ 20 ans. En ce qui concerne les Airbus et les Boeing, aucun renouvellement n’a été possible durant 36 ans.

Les hydrocarbures font déjà l’objet des tractations. Désormais, la voie est libre pour le grand retour des «majors». Le pays est le 2e producteur mondial de gaz et le 4e du pétrole et ses réserves sont parmi les plus importantes au monde. A la fin de l’année dernière, au moment où la fin des sanctions était en négociations, Téhéran accueillait 152 sociétés étrangères en vue d’allouer des concessions pour 70 champs gaziers et pétroliers. Au total, l’Iran compte attirer des investissements directs étrangers dans ce domaine à hauteur de 100 milliards de dollars. Les contrats d’un nouveau type qui obligeront les acteurs étrangers à s’allier à une entreprise nationale, seraient finalisés en ce début d’année.

Une perspective de développement pour les entreprises européennes

«Privé d’échanges avec les Etats-Unis et l’Europe durant plus de trois décennies, l’Iran a soif d’acquérir des technologies, explique Guillaume Xavier-Bender, chercheur à German Marshall Fund (GMF), un centre d’analyse politiques et économiques basé à Bruxelles. Les entreprises européennes sont bien placées pour retrouver leurs places d’avant 1979. «Il rappelle qu’avant la révolution iranienne, ces dernières, à l’instar de Siemens, Daimler ou encore Peugeot, avaient des relations privilégiées avec Téhéran.» Le marché iranien est l’un des rares avec un tel potentiel de croissance», poursuit le chercheur. D’ailleurs, un accord pour le retour du constructeur automobile français a été signé hier à Paris. La délégation iranienne s’intéresse aussi aux transports, notamment les trains.

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Les compagnies européennes n’auront toutefois pas le champ totalement libre. De 1979 à ce jour, l’Iran doit tant soit peu sa survie économique grâce aux nouveaux acteurs, notamment chinois et indien qui n’ont pas suivi les Etats-Unis et l’Europe pour punir l’Iran. Du reste, c’est le président chinois Xi Jinping a foulé le sol iranien le 15 janvier dernier, soit la veille de la fin des sanctions. Il a signé un partenariat stratégique qui devrait porter le niveau des échanges à 600 milliards de dollars dans dix ans. Mais pour le chercheur de GMF, les entreprises européennes devraient retrouver leur place d’antan. «La concurrence sera rude, mais ces dernières sont bien placées, notamment à cause de leurs relations anciennes», dit-il. Guillaume Xavier-Bender rappelle aussi que l’Iran entend bien passer des commandes en Europe, mais veut surtout que les entreprises européennes viennent s’installer sur place.

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