La France n’est plus en état d’urgence économique et budgétaire. Mais elle demeure, au sortir du quinquennat de François Hollande, un pays européen convalescent. Tel est, en résumé, le bilan que l’on peut faire des différents indicateurs hexagonaux, à deux mois du premier tour de l’élection présidentielle, le 23 avril.

Le tout dernier tableau de la santé économique française a été fourni, le 9 février, par le rapport annuel de la Cour des comptes. Celle-ci, tout comme le Haut Conseil des finances publiques l’avait exprimé en septembre 2016, juge «très difficile à atteindre» l’objectif d’une réduction du déficit public à 2,7% du produit intérieur brut (PIB) en 2017, contre 3,3% en 2016 (tandis que l’Allemagne a affiché l’an dernier un excédent budgétaire de 0,7% du produit intérieur brut).

Lire aussi: Les candidats sont tous unanimes pour laisser filer le déficit

Dépenses en augmentation

Pour justifier leurs prévisions, les magistrats français estiment que l’actuel gouvernement sous-estime la réduction prévue des dépenses publiques, et en particulier les dépenses de fonctionnement de l’Etat, qui devraient augmenter cette année de 1,7%. La dette publique française s’élevait fin 2016 à 2160 milliards d’euros, soit 97,6% du PIB. En comparaison, le taux moyen d’endettement dans l’Union européenne est de 86% du PIB. Celui de l’Allemagne s’élève à 72% et celui de la Suisse à 33,3%.

Amélioration des comptes publics

L’amélioration des comptes publics français depuis cinq ans est réelle. En 2012, à l’issue du mandat de Nicolas Sarkozy, le déficit public atteignait 4,8% du PIB. Un autre indicateur positif est la reconstitution des taux de marge des entreprises, à hauteur de 31,8% en 2016, hausse largement liée aux efforts budgétaires (plus de 40 milliards d’euros d’aides et d’avantages fiscaux) consentis dans le cadre du crédit d’impôt pour la compétitivité et pour l’emploi mis en place en 2013.

Problème: cet assainissement demeure partiel et n’a pas ranimé la «machine France». Malgré la création nette de 150 000 emplois en 2016, la France compte cette année 500 000 chômeurs de plus, toutes catégories confondues, qu’en 2012 (3,5 millions contre 2,95). La croissance économique a plafonné à 1,1% l’an dernier et le déficit commercial s’est sérieusement aggravé, atteignant 48,1 milliards d’euros, contre 45,7 milliards en 2015.