Réduction des coûts, licenciements, mise à la retraite anticipée ou replacement sont le lot quotidien de la plupart des responsables en ressources humaines. «Ils sont de plus en plus soumis au stress et à la pression, déclare Pia Somogyi, rédactrice à Persorama, la revue de la Société suisse pour la gestion de personnel. En effet, ils se retrouvent pris entre deux étaux: les exigences, principalement économiques, de la stratégie de leur entreprise et ses employés.» «En période de crise, les gens chargés d'appliquer les politiques drastiques décidées par leurs dirigeants ont besoin d'outils et de solutions pour savoir comment annoncer des licenciements et où replacer des employés, par exemple», surenchérit Marion Alt, assistante scientifique à la Haute Ecole spécialisée de Soleure. Le premier salon dédié exclusivement au management des ressources humaines, «Personal-Swiss», qui s'est tenu mardi et mercredi derniers à Zurich, était l'occasion, pour les professionnels de la branche, de trouver des informations et peut-être même quelques solutions.

Foire à l'information

Une soixantaine d'exposants avaient répondu présent à l'invitation de l'organisateur allemand Spring Messe Management. Destinée avant tout aux responsables des ressources humaines, la manifestation abordait quatre domaines principaux: les systèmes informatiques, le management, l'offre en formation et la gestion du personnel. Plus de 1000 visiteurs ont profité de l'occasion pour venir rencontrer leurs partenaires, s'en créer de nouveaux, assister à des conférences et «faire leurs courses» en informations et services. «Personal-Swiss» n'a rien du bruit, des odeurs et de la confusion qui règnent généralement dans les foires habituelles. C'est qu'ici, à part quelques ordinateurs ou projecteurs, privilèges des stands proposant du matériel de conférence, il n'y a pas grand-chose à voir. Une table en aluminium, deux ou trois chaises, quelques croissants, du jus d'orange, quelques affiches. C'est tout. «Nous n'avons pas de produits concrets à présenter. Nous les créons sur la base d'une relation avec un client, explique Sabine Bieri, qui représente la société saint-galloise Von Atzigen Consulting. Nous sommes présents pour accroître notre visibilité dans la région et acquérir de nouveaux mandats.» Pour tous les exposants, l'objectif est le même: entretenir un contact privilégié avec la clientèle habituelle et découvrir ceux qui pourraient venir en grossir les rangs. A côté des stands, sur deux forums, les conférences se succèdent toute la journée. Les entreprises qui ont choisi de s'y présenter ont 30 minutes pour convaincre, et démontrer la pertinence et l'originalité de leurs services.

Prise de température

Les sociétés spécialisées dans les procédures d'outplacement, de consulting ou proposant des systèmes d'évaluation sont les mieux loties, car les solutions qu'elles proposent répondent aux besoins actuels des responsables en ressources humaines. Qualintra est une entreprise genevoise spécialisée dans l'élaboration d'indicateurs prospectifs. «Grâce à notre méthodologie et à nos outils de mesure, nous transformons les impressions récoltées auprès des clients ou des collaborateurs d'une entreprise en indicateurs de gestion. Depuis ce printemps, les fusions et restructurations se succèdent, raison pour laquelle nos services sont souvent demandés pour améliorer la gestion du changement», se réjouit Daniel Held, directeur du consulting.

Les entreprises qui présentent des programmes liés aux technologies de l'information rencontrent par contre un succès nettement moins vif qu'il y a quelques années. Torsten Mättig, directeur marketing et communication, travaille pour la société allemande SAP, spécialisée dans les systèmes d'intégration. Il participe à la foire de Zurich pour sonder le marché suisse avant de s'y installer. «Dans le domaine des aménagements informatiques, explique-t-il, les investissements deviennent de plus en plus timorés et prudents. Les entreprises n'ont plus assez d'argent pour renouveler leurs systèmes. Elles procèdent par étapes en attendant de voir venir.» En marge de la foire s'est tenue la «journée de l'ICTHRM», société de consulting saint-galloise spécialisée dans le domaine des technologies de l'information. Conférences et ateliers ont rencontré un vif succès. Il faut dire que le thème abordé était foncièrement d'actualité: «La motivation en période de turbulences».

Parmi les chalands, beaucoup viennent en explorateurs, jeter un coup d'œil, sans objectif précis. Comme il s'agit d'une première, l'heure est à la découverte. Peu acceptent de faire part de leurs préoccupations et des problèmes de leurs entreprises. Romy Gerhard, responsable du développement personnel pour la Fédération des coopératives Migros, repart chargée de prospectus. Ses propos se veulent rassurants: «A la Migros, la situation n'est pas tragique, parce que l'entreprise a un fort engagement social. Nous n'avons pas de licenciements à gérer et, pour l'instant, le budget qui m'est alloué pour le développement personnel n'a pas changé.»

Visiteurs et exposants sont fort discrets sur le climat qui règne actuellement dans les entreprises. Cependant, et les organisateurs l'ont bien senti, «en Suisse comme en Allemagne ou en Autriche, les entreprises cherchent à réduire les coûts de la gestion des ressources humaines en trouvant de nouvelles solutions. De telles réunions leur permettent de se faire une idée de l'offre et d'établir des contacts», précise Sabine Haeusler, fort satisfaite de la réussite de la manifestation.