Avec le creusement du déficit et le nouveau record atteint par les prix du pétrole, les perspectives de croissance américaine ainsi que les attentes concernant l'amplitude et la vitesse du resserrement des taux américains ont été revues à la baisse. Le billet vert perdait ainsi le soutien de ces deux fondamentaux qui lui avaient permis de retrouver quelques couleurs ces derniers mois. A contrario, le billet vert pourrait bénéficier à court/moyen terme d'une baisse du prix du baril, de données économiques encourageantes en provenance des Etats-Unis (notamment en cas de fortes créations d'emplois). Le dollar demeurera cependant encore vulnérable tant que le processus d'ajustement de ce déficit structurel ne sera pas initié soit par une dévaluation plus marquée, notamment vis-à-vis des monnaies asiatiques, et/ou par une remontée significative des taux d'intérêt.

Dans ce contexte, les obligations en dollars n'offrent actuellement guère d'opportunités pour l'investisseur suisse ou européen. En ce qui concerne les actions, il est difficile de faire totalement l'impasse sur le marché américain au vu de sa place prédominante, même si les actions européennes ont affiché, en moyenne, des performances similaires à celles d'outre-Atlantique ces dernières années. En outre, en cas de forte dévaluation du dollar par rapport à l'euro, à l'instar de ce qui s'est passé en 2002-2003, le marché européen sera quelque peu pénalisé. Nous recommandons donc d'adopter une approche prudente en conservant une exposition faible au billet vert. Il s'agit ainsi de réduire l'exposition au dollar qui résulte d'une allocation aux actions américaines ou aux investissements alternatifs, libellés presque exclusivement en dollars.

Cette réduction peut s'effectuer à l'aide d'opérations de couverture de change (forward contract). En l'absence de levier, elles ont l'avantage d'être relativement simples à établir et flexibles puisqu'elles seront soit renouvelées d'échéances en échéances (roll-over), soit dénouées, ou même ajustées en cours de route par des opérations complémentaires ou inverses. Ces opérations comportent un coût (parfois un gain) minime par rapport aux variations de taux de change, déterminé par le différentiel de taux d'intérêt entre les deux monnaies pour la durée de couverture choisie.