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Comment réduire l’écart de salaire entre les hommes et les femmes

La différence de rémunération entre hommes et femmes reste significative, notamment en Suisse. Cependant des mesures concrètes peuvent aider les femmes à réduire ces inégalités, estiment nos invités

L’égalité des salaires est-elle encore un sujet d’actualité aujourd’hui? Il semblerait malheureusement que oui.

Dans nos sociétés industrialisées, les frontières qui entourent le monde du travail sont de plus en plus floues, notamment en matière de temps et de lieu de travail. En effet, il est aujourd’hui possible de se «connecter» partout et à tout moment à son poste de travail. Le genre de la personne ne devrait donc plus avoir une quelconque influence sur la rémunération que celle-ci perçoit. Malheureusement, comme nous le montre une étude de l’entreprise de conseil Accenture, la réalité est bien différente. Certes l’égalité salariale progresse au fil des années, mais l’écart ne se réduit que très lentement.

Toutefois, les femmes bien formées peuvent elles-mêmes participer à la réduction de cet écart en étant proactives.

Un écart de 40%

Quand une femme gagne 100 francs, un homme gagne en moyenne 140 francs: soit 40% de plus. En Suisse, en Allemagne et en Autriche, la différence est encore plus dramatique, comme le montre l’étude actuelle d’Accenture intitulée «Getting to Equal 2017».

L’une des principales raisons qui pourraient expliquer ce constat est l’activité à temps partiel qu’exercent de nombreuses femmes. En somme, les femmes travaillent moins et gagnent moins; et cela pas seulement pour une période limitée. Elles ont par la même occasion moins accès aux positions supérieures, ce qui freine leurs carrières sur le long terme.

De nombreuses entreprises n’ont ni la confiance nécessaire, ni les capacités ou les concepts pour occuper des postes à responsabilité à temps partiel. D’autre part, il existe peu de postes stratégiques à temps partiel, qui nécessitent souvent une accumulation de nombreuses années d’expérience. L’étude d’Accenture identifie également trois facteurs critiques qui désavantagent les femmes en matière d’égalité salariale, et ce dès leur formation scolaire ou universitaire: les femmes d’Allemagne font moins souvent le choix de filières universitaires à haut potentiel de rémunération (25% des femmes contre 30% des hommes), ont moins souvent de mentors (36% contre 48%) et briguent moins fréquemment des postes de direction (33% contre 48%). De plus, dans le cadre de leurs études, elles acquièrent moins de capacités technologiques que leurs camarades masculins (46% contre 66%) et fréquentent moins de cours d’informatique ou de programmation (66% contre 89%).

Le chemin de l’inégalité

L’étude d’Accenture identifie trois catalyseurs clés que les femmes peuvent utiliser pour surmonter l’écart salarial:

– Des compétences dans le numérique, c’est-à-dire le degré d’utilisation des technologies numériques qu’une personne utilise pour se connecter avec les autres, échanger, s’informer ou encore travailler;
– La planification de carrière, c’est-à-dire la nécessité pour les femmes d’avoir des objectifs de carrière, de prendre des décisions réfléchies et d’être proactives quant à leurs carrières;
– L’expertise technologique, c’est-à-dire la possibilité d’acquérir aussi rapidement que les hommes des compétences dans le milieu du numérique et des technologies.

En faisant appel à ces catalyseurs de carrière, les femmes arriveront à réduire de manière significative les écarts de salaire en Suisse, en Allemagne et en Autriche d’ici à 2030.

Il apparaît important de souligner que l’étude montre également que l’intervention de l’Etat ne doit pas être perçue comme «la» solution parfaite en vue d’atteindre l’égalité salariale.

Tous ces éléments débouchent sur trois mesures concrètes:

– Les femmes doivent planifier leur carrière professionnelle de manière plus active. Et cela dès le cursus scolaire/universitaire. Dans l’exercice de la profession, elles doivent avant tout développer leurs capacités numériques et leur expertise technologique;
– De meilleures conditions sont nécessaires pour que plus de femmes travaillent à plein temps. Il faut réaménager le temps de travail afin qu’il soit davantage compatible avec la vie familiale. La répartition des tâches au sein même de la famille doit être repensée;
– Nous avons besoin d’une redéfinition des carrières à temps partiel avec des perspectives sur le long terme et des postes à responsabilités.

Chez Accenture nous mettons tout en œuvre pour atteindre l’égalité hommes-femmes. Nous avons une offre variée de formations, de possibilités de mentoring et de plateformes d’échange. Ce sujet est abordé activement dans nos réunions. Cependant, même si ce n’est pas directement un problème d’égalité salariale, la représentation des femmes au sein de la direction est encore trop faible et est sans nul doute un sujet épineux.


Voir aussi: l’étude d’Accenture «Getting to Equal 2017».

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