Le référendum sur le plan de sauvetage européen, annoncé lundi à la surprise générale par le Premier ministre grec George Papandréou, pourrait avoir lieu dès le mois de décembre, a indiqué mercredi le ministre de l’Intérieur grec, Haris Kastanidis. Un porte-parole du cabinet avait dit dans la nuit qu’il aurait lieu dès que possible.

«Il y a une possibilité d’organiser le référendum avant janvier, en décembre» si la Grèce et les partenaires internationaux se mettent d’accord sur les modalités de l’accord de l’aide plus rapidement que prévu, a dit M. Kastanidis à la télévision publique. Confronté à un feu de critiques nationales et internationales, George Papandréou a obtenu mercredi matin le soutien de son gouvernement à son idée de référendum mais se prépare à un exercice délicat d’explication face à la France et à l’Allemagne qui souhaitent l’entendre sur le sujet avant le début du sommet du G20 à Cannes jeudi.

Soutien du cabinet grec

Le cabinet grec a approuvé «à l’unanimité» dans la nuit de mardi à mercredi le projet de référendum sur le plan de sauvetage du premier ministre Georges Papandréou. Il a aussi aussi approuvé la décision de demander vendredi un vote de confiance du parlement.

Le référendum «fournira un mandat clair, mais aussi un message clair à l’intérieur et à l’extérieur de la Grèce sur notre engagement européen et notre appartenance à l’euro», a déclaré M. Papandréou lors de la réunion d’urgence de son cabinet, selon un communiqué. Il aura lieu dès que possible après que les dispositions de l’accord auront été formulées, a précisé un porte-parole du gouvernement.

Critiques

Plusieurs ministres qui ont participé à la réunion qui a duré sept heures ont précisé avoir exprimé des critiques à l’égard de l’initiative de Papandreou. Mais ils ont décidé de soutenir le gouvernement avant un vote crucial sur la confiance au parlement.

L’annonce-surprise lundi soir de ce référendum, qui a fait dévisser toutes les bourses, a provoqué stupeur et indignation en Europe et dans le monde. Un «non» des électeurs grecs pourrait être un prélude à une faillite du pays qui menacerait la viabilité de la zone euro.

Maintenir la démocratie

«Nous devons faire en sorte que les choses soient claires à tous points de vue, et je dirai au G20 (de mercredi, ndlr) qu’il leur faudra finalement adopter des politiques qui garantissent que la démocratie soit maintenue au-dessus des appétits des marchés», a déclaré M. Papandréou, selon le communiqué.

Selon lui, ses pairs européens «ont été avisés» de ses plans et «respecteront et soutiendront» les efforts du pays, indique encore le communiqué.

A Cannes mercredi

M. Papandréou, qui ne dispose plus que de deux voix de majorité au parlement, se rendra à Cannes mercredi, où il doit rencontrer les dirigeants allemand et français, Angela Merckel et Nicolas Sarkozy, ainsi que ceux de l’Union européenne et du Fonds monétaire international.

L’annonce de ce référendum a fragilisé davantage le gouvernement Papandréou, miné par la fronde de plusieurs parlementaires socialistes. A cet égard, M. Papandréou a prévenu que «tout serait à l’arrêt» en cas de nouvelle campagne électorale et que le pays serait «tiré vers la faillite». Les débats au Parlement devraient commencer dès mercredi.

Banques créancières

L’accord européen du 27 octobre prévoit que les banques créancières de la Grèce acceptent de réduire de moitié la valeur des obligations de dette grecque qu’elles détiennent, ainsi que la poursuite du soutien financier des Etats européens à la Grèce, écrasée par sa dette et par la récession causée par les plans d’austérité successifs.

En échange, il prévoit un renforcement du contrôle des créanciers sur la marche budgétaire du pays, une accélération du programme de privatisations et la poursuite des sévères mesures d’austérité débutées en 2010.