Après avoir accepté de s'imposer des objectifs contraignants de réduction des gaz à effet de serre d'ici à 2020, les Vingt-Sept ont promis de lancer le chantier de la refondation financière mondiale. «L'Europe veut le sommet, l'Europe va demander le sommet et l'Europe l'obtiendra», a conclu Nicolas Sarkozy qui sera ce samedi à Camp David, avec José Manuel Barroso, pour rencontrer George Bush.

Le format envisagé est celui d'un G8 élargi aux grands pays émergents, sans doute en novembre. Au menu: «Redonner entre autres sa spécificité au FMI et le responsabiliser», a poursuivi le président français. Car sur ce sujet, la crise a accouché d'une unanimité. Angela Merkel a même parlé d'étendre la réunion au-delà des grandes puissances économiques. Gordon Brown évoque un nouveau «Bretton Woods».

Mais ce faisant, tous les dirigeants européens ont reconnu... que leurs promesses d'efforts énergétiques et climatiques seront, elles, plus difficiles à tenir. Si le président français a affirmé que «le Conseil, à l'unanimité, veut approuver le plan énergie-climat» au sommet de décembre, la chancelière allemande ne cache pas son refus de voir son industrie automobile pénalisée. La Pologne et l'Italie réclament aussi des exemptions. A l'opposé, le Parlement européen vote des textes plus contraignants pour les industries. Attendu en séance plénière à Strasbourg le 21 octobre, Nicolas Sarkozy testera sans doute un possible compromis auprès des eurodéputés.