Une réforme historique du Fonds monétaire international (FMI) a abouti samedi lors d’une réunion des ministres des Finances des pays du G20 en Corée du Sud. Un accord pour réduire les déséquilibres commerciaux et éviter une guerre des monnaies a également été trouvé après deux jours de débats.

«Il s’agit de la plus importante réforme jamais adoptée de la gouvernance du FMI», a déclaré son directeur général Dominique Strauss-Kahn.

Cette réforme est conforme aux objectifs fixés lors du G20 à Pittsburgh en septembre 2009. Elle augmente le capital de l’institution, les sièges des pays émergents à son conseil d’administration et élargit ses attributions en matière de surveillance des politiques économiques des Etats. Incertitude pour le siège suisse

Dans leur communiqué final, les ministres du G20 ont assuré que cette réforme allait rendre le FMI «plus efficace, crédible et légitime» et permettre à l’institution «de jouer son rôle de soutien au système monétaire et financier mondial».

Suite à cette réforme attendue de longue date, les dix plus grands actionnaires de l’institution seront les Etats-Unis, le Japon, quatre pays européens (Allemagne, France, Grande-Bretagne, Italie) et les quatre plus grosses économies émergentes (Brésil, Russie, Inde et Chine).

Mise en garde contre les dévalutaions

Les Européens abandonnent deux des neuf sièges qu’ils occupent au profit des pays émergents. On ignore pour l’instant quel sera l’impact de cette décision sur la répartition des sièges, a déclaré samedi le porte-parole du Département fédéral des finances (DFF), Roland Meier. La Suisse revendique de pouvoir conserver son fauteuil en raison de l’importance de sa place financière.

Le projet «n’est encore qu’une proposition qui doit être soumise au conseil d’administration du Fonds», qui se réunira début novembre, a ajouté M. Strauss-Kahn. Sauf coup de théâtre, le conseil d’administration du FMI devrait entériner la décision du G20.

Les Etats membres du G20 se sont aussi mis d’accord pour travailler à l’instauration de taux de change déterminés par le marché et à poursuivre une série d’actions nécessaires à la réduction des déséquilibres excessifs.

Le communiqué, publié à l’issue de deux jours d’intense débats dans la ville de Gyeongju, marque un accord des membres pour «s’abstenir de toute dévaluation compétitive» de leur monnaie.

Il indique également que les pays les plus développés doivent se montrer vigilants contre une volatilité excessive et des mouvements incontrôlés des taux de change. Cette précision prend en compte une inquiétude formulée par la Chine et par d’autres pays face à une politique américaine qui pourrait affaiblir le dollar. Réforme du système bancaire

Certains membres du G20, dont les Etats-Unis, à l’origine de la proposition, souhaitaient fixer des objectifs chiffrés et un calendrier, mais l’accord final n’en contient aucun. «Il y a eu une forte contestation des Allemands et des Chinois» à ce sujet, a indiqué un responsable du G20 sous couvert de l’anonymat.

Les récentes interventions de plusieurs banques centrales pour empêcher la hausse de leur monnaie face au dollar ont fait resurgir le spectre d’une spirale de dévaluations compétitives et d’un retour du protectionnisme, rappelant la récession mondiale des années 1930.

Le G20 a encore trouvé un accord en adoptant une réforme du système bancaire et des grandes institutions financières accusées d’avoir provoqué la crise financière de 2008/2009.

Ces nouvelles règles, connues sous le nom de «Bâle III», sont destinées à entrer en vigueur à partir de 2013. Elles prévoient notamment une augmentation des fonds propres des banques d’ici au 1er janvier 2015.