Des réformes souhaitées dans tous les secteurs
Dans une économie indienne qui semble fonctionner au ralenti après plusieurs années de croissance frisant les 10%, la question des réformes est au cœur des débats. La dernière grande vague de transformations date de 1991, alors que le pays était au bord du gouffre. Des changements orchestrés par Manmohan Singh, alors ministre des Finances et aujourd’hui pour quelques mois encore premier ministre.
Son gouvernement, au pouvoir depuis 2004, a continué de réformer en deux phases, mais avec une détermination variable. La première est intervenue dans la foulée de sa nomination, suite à la décision de Sonia Gandhi de ne pas briguer la tête du pays. Son objectif fut alors d’entamer une réforme de la fonction publique géante indienne de dix millions de fonctionnaires, l’instauration d’un moratoire sur les dettes d’environ 30 millions d’agriculteurs et l’instauration d’une commission d’examen des projets d’infrastructures.
La seconde vague est intervenue bien plus tard, à l’automne 2012, face à l’accumulation de nuages économiques. L’objectif, cette fois, a été la libéralisation de certains secteurs tels que les assurances, l’aviation et la distribution, permettant une plus grande ouverture à des entreprises étrangères. Bien, mais insuffisant, avaient jugé les milieux économiques et nombre d’experts.
En fonction depuis début septembre, Raghuram Rajan, nouveau gouverneur de la banque centrale indienne (Reserve Bank of India, RBI), s’est attaqué, lui, à un des rares domaines qui relèvent non pas du gouvernement, mais de sa propre institution, superviseur du secteur bancaire. Alors que les banques nationalisées dans les années 70 détiennent 75% des encours d’emprunts, le gouverneur, veut permettre la création de nouvelles banques et laisser entrer davantage d’établissements étrangers (5% seulement aujourd’hui) pour accélérer la bancarisation du pays, et, ainsi, aider à lutter contre la pauvreté.
Lutte contre la corruption
Impossible, toutefois, de réformer sans avoir le souci des grands équilibres. Pour Gopalan Balachandran, de l’Institut de hautes études internationales et du développement à Genève, la maîtrise budgétaire reste une priorité. «Cela passe par la réduction et un meilleur ciblage des subventions, une amélioration de la compliance et de la gouvernance fiscale», explique-t-il. Autres priorités de réformes selon lui: le marché du travail, la propriété immobilière et l’action gouvernementale, qui doit être plus efficace. Le marché de l’électricité et les infrastructures sont aussi cités. Sans oublier la lutte contre la corruption.